Excellence Monsieur le Président de la République,
En ce temple sacré de la parole d’État, où chaque syllabe doit incarner le granit de la vérité et le marbre de l’irréprochable, votre voix porte le poids des institutions. Elle est la pierre angulaire de la confiance publique, la boussole des mémoires collectives. Aussi, lorsqu’elle s’élève, nul souffle de légèreté ne devrait en altérer le souffle solennel.
Or, une énigme institutionnelle, tel un sphinx aux ailes déployées sur nos archives, interroge la raison : comment des loyers, trace indélébile de l’occupation d’un lieu, auraient-ils pu être acquittés dès l’an 2014 pour le Haut Conseil des Collectivités Territoriales – ce phare administratif né, non de l’aube, mais du référendum de mars 2016, et dont l’existence légale ne s’est incarnée qu’en octobre de cette même année ? Le siège que vous évoquez, tel un palais sorti des brumes du temps, n’a pris chair que trois années plus tard, en 2019.
Le temps, Monsieur le Président, ne se plie ni aux décrets ni aux récits : il est l’arbitre inflexible des chronologies. Prétendre qu’un édifice abrita une institution avant même sa conception légale reviendrait à voir l’ombre précéder la lumière.
Et puis, permettez qu’une voix respectueuse, mais ferme dans le devoir de vérité, rappelle ceci : l’espace dont vous parlez n’a jamais été foulé par l’illustre disparu, feu Ousmane Tanor Dieng. Son héritage mérite d’être honoré dans le sanctuaire précis des faits, non dans l’écho mouvant des suppositions.
Quant au chant d’espérance que Lafcadio (Sonko) orchestre – ce plan de redressement économique et social déclamé comme une épopée en un « GRAND THÉÂTRE » –, la Nation, attentive et solidaire dans l’épreuve, en observe la partition avec gravité. Nous attendons, non des promesses en miroir, mais l’accomplissement tangible de ses mesures, porteur de prospérité partagée.
Car la grandeur d’un peuple ne se mesure pas à la scénographie des paroles, mais à la moisson récoltée dans le champ des réalités.
En cette attente vigilante et constructive, nous demeurons,
Fidèles aux exigences de l’histoire et à la clartè du droit !
Daour SAGNA du Parti socialiste
