Aujourd’hui, le Sénégal replonge dans les coupures d’électricité à répétition, parfois plusieurs fois par jour. Une génération entière de citoyens, âgés aujourd’hui de 13 ans, n’avait jamais connu les délestages. Elle vient de les expérimenter pour la première fois.
C’est le constat dressé par Ousmane Feynaff Goudiaby, président de la Fédération nationale des cadres libéraux du PDS. « Mon fils de 6 ans m’a posé cette question innocente : Papa, pourquoi la SENELEC coupe l’électricité ? », confie-t-il. Pour lui, cette interrogation renvoie directement à la crise énergétique de 2011 et à la réponse qui lui avait été apportée.
Ousmane Feynaff Goudiaby rappelle que les années 2010-2011 ont été marquées par une crise mondiale issue de la crise des subprimes, dans un contexte où le baril de pétrole avait atteint des sommets, passant de près de 80 dollars à plus de 150 dollars. Le Sénégal, qui ne produisait pas encore de pétrole, dépendait alors largement de centrales fonctionnant au fuel, ce qui accentuait sa vulnérabilité énergétique.
Dans ce contexte, le président Abdoulaye Wade avait engagé le pays dans une politique de modernisation ambitieuse, avec notamment les échangeurs de Dakar, l’autoroute à péage, l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) et la création de nouvelles universités. Ces investissements, conjugués à la hausse du prix du pétrole et aux effets de la crise mondiale, avaient contribué au renchérissement du coût de la vie.
Face à cette situation, le ministre d’État Karim Wade, surnommé à l’époque « ministre du ciel et de la terre », avait lancé le Plan Takaal. Selon Ousmane Feynaff Goudiaby, ce programme reposait sur cinq axes majeurs : le renforcement de la production d’électricité, la gestion de la demande, la restauration de la crédibilité auprès des consommateurs, la sécurisation de l’approvisionnement en combustible à travers un fonds dédié et la restructuration financière de la SENELEC, avec une place accordée aux énergies renouvelables.
« Dès 2014, de nouvelles centrales, notamment au charbon et aux énergies renouvelables, furent mises en service, permettant de mettre fin aux délestages », précise-t-il.
Pour le président de la Fédération nationale des cadres libéraux du PDS, le retour actuel des coupures pose une véritable question de gouvernance. « La vraie question est de savoir si l’héritage du Plan Takaal a été évalué, ajusté et redimensionné pour répondre aux besoins actuels de consommation énergétique du pays. Car gouverner ne se limite pas à assurer la continuité : c’est aussi anticiper, prévoir et adapter nos infrastructures aux réalités nouvelles. Encore faut-il avoir la compétence et la vision stratégique d’un ministre du ciel et de la terre tel que Karim Wade », affirme-t-il.
Et de conclure : « Pour un Sénégal juste et prospère, débarrassé des chimères du populisme et des tâtonnements dans la gestion de la chose publique, il nous faudra, en 2029, élire un président compétent, capable de prendre en charge les défis immenses de notre nation, qui sont à la fois entre le ciel et la terre. »
Moustapha NDIAYE
