L’affaire Dane Sarr continue de susciter de vives interrogations au sein de la société civile. *L’activiste Antigone Diop* monte au créneau et demande la libération de l’homme d’affaires, détenu depuis près de deux ans, ainsi que la suspension immédiate de la vente des véhicules saisis dans le cadre de la procédure.
Selon Antigone Diop, une question centrale mérite d’être éclaircie : *comment l’État peut-il réclamer à Dane Sarr près de 16 milliards de francs CFA alors que, selon les éléments dont elle dit disposer, l’État lui serait parallèlement redevable de plus de 23 milliards de francs CFA au titre de prestations de services validées et de conventions de dette non honorées ?*
«Nous ne comprenons pas cette situation. Le Pool judiciaire financier accuse Mahmadane Sarr d’avoir orchestré une escroquerie portant sur 13,6 milliards de francs CFA au préjudice de l’État. Mais les éléments dont nous disposons semblent révéler une réalité beaucoup plus complexe. Il faut que toute la lumière soit faite », estime Antigone Diop.
«La reddition des comptes ne doit pas devenir un règlement de comptes»
Pour la militante de la société civile, la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics doit rester fondée sur le respect strict de l’État de droit.
« Nous sommes pour la reddition des comptes, mais pas pour le règlement de comptes. La justice doit être indépendante, impartiale et respecter les droits de chaque justiciable, même lorsqu’il est poursuivi pour des faits graves », martèle-t-elle.
Antigone Diop rappelle également que les notions de saisie et de confiscation ne doivent pas être confondues et appelle les autorités compétentes à expliquer précisément le fondement juridique des opérations menées sur les biens de Dane Sarr.
Elle s’interroge notamment sur la décision ayant conduit à la mise en vente des véhicules saisis.
« Si les biens saisis ne sont pas susceptibles de détérioration, pourquoi procéder à leur vente alors même qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée ? Nous demandons la suspension de cette vente et la restitution des biens concernés, dans le respect des règles de procédure », déclare-t-elle.
Antigone Diop interpelle le juge d’instruction
L’activiste lance également un appel direct au juge d’instruction chargé du dossier.
Elle demande que soit clairement établi qui a autorisé l’ONRAC à procéder à la cession et à la vente des véhicules saisis, et sur quelle base juridique cette décision a été prise.
«Nous interpellons le juge d’instruction chargé du dossier : *qui a donné l’autorisation à l’ONRAC de procéder à cette cession ?* Nous voulons une réponse claire. Dans un État de droit, chaque acte doit avoir un fondement juridique et chaque procédure doit pouvoir être contrôlée », insiste-t-elle.
Elle demande par ailleurs que soient pleinement respectés les droits de la défense, le principe du contradictoire et l’ensemble des garanties fondamentales attachées à toute procédure judiciaire.
«Dane Sarr présente toutes les garanties judiciaires»
Antigone Diop va plus loin et réclame la remise en liberté de Dane Sarr, estimant qu’il présente, selon elle, toutes les garanties nécessaires pour comparaître librement devant la justice.
« Nous demandons sa liberté provisoire. S’il présente toutes les garanties judiciaires nécessaires, sa détention ne doit pas devenir une peine avant même qu’un jugement définitif ne soit rendu », affirme-t-elle.
Enfin, l’activiste appelle les autorités judiciaires et gouvernementales à faire preuve de transparence et de responsabilité dans cette affaire.
« Notre combat n’est pas celui d’un homme contre un autre. Notre combat est celui de la société civile pour la justice, l’équité et le respect des droits humains. Nous ne défendons ni l’impunité ni les privilèges. Nous demandons simplement que la justice soit rendue dans le respect des règles et que personne ne soit victime d’un acharnement judiciaire », conclut Antigone Diop.
La rédaction
