Le renouvellement des licences d’exportation de ferraille continue de susciter la colère des acteurs du secteur. Le président de la Coopérative des ferrailleurs de Kaolack, Serigne Momar Sokhna, a lancé un véritable cri de cœur ce mercredi à l’endroit du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.
Selon lui, les exportateurs attendent toujours des réponses concernant le renouvellement de leurs licences, alors qu’ils avaient été invités, en juin dernier, à déposer leurs dossiers.
«Depuis 2016, il y a un décret qui existe pour le renouvellement des licences d’exportation», rappelle Serigne Momar Sokhna, qui estime que les procédures devraient permettre aux opérateurs de renouveler leurs autorisations sans blocage.
Face à cette situation, le responsable des ferrailleurs ne cache pas son exaspération. Il dénonce des difficultés croissantes pour les entrepreneurs sénégalais et estime que l’État doit davantage soutenir les acteurs locaux qui créent des emplois et paient des salaires.
Des accusations contre le ministre
La colère du président de la coopérative se dirige également vers le ministre Serigne Guèye Diop, à qui il reproche un manque de clarté dans la gestion du dossier. Il évoque notamment l’intervention présumée de responsables industriels dans les décisions concernant l’exportation de la ferraille.
Serigne Momar Sokhna dénonce surtout ce qu’il considère comme une volonté de restreindre l’accès des Sénégalais à un secteur économique important. Il s’interroge sur les conséquences d’un éventuel arrêt de l’exportation de la ferraille et sur l’avenir des entreprises nationales qui dépendent de cette activité.
Un appel direct au chef de l’État
Au-delà de sa colère, le responsable des ferrailleurs veut désormais attirer l’attention du président Bassirou Diomaye Faye. Il demande aux autorités de clarifier la situation et de permettre aux opérateurs de reprendre normalement leurs activités.
Pour Serigne Momar Sokhna, l’enjeu dépasse la seule question des licences. Il s’agit, selon lui, de préserver des entreprises sénégalaises, des emplois et un secteur qui fait vivre de nombreux acteurs à travers le pays.
Le dossier du renouvellement des licences de ferraille apparaît ainsi comme un nouveau point de tension entre les opérateurs économiques et les autorités. Les ferrailleurs attendent désormais une réponse du gouvernement.
Mouhamed Moustapha Camara, Correspondant à Kaolack
