Le Maroc pense avoir plus à gagner qu’à perdre en renonçant à la CAN-2015

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Un Marocain lit un journal au lendemain de l'annonce selon laquelle le pays n'organisera pas la CAN 2015, à Rabat le 12 novembre 2014
Un Marocain lit un journal au lendemain de l’annonce selon laquelle le pays n’organisera pas la CAN 2015, à Rabat le 12 novembre 2014

Le Maroc, qui a refusé d’organiser en janvier la CAN-2015 en raison du risque Ebola, a fait prévaloir la santé de ses citoyens mais a aussi pu vouloir prémunir son tourisme d’un scénario catastrophe, estimant que son image n’en serait pas altérée sur le continent.

“Tout pays a le droit de garantir la sécurité de ses citoyens”, a répété mardi le ministre des Sports, Mohammed Ouzzine, dans une rare réaction officielle à la décision de la Confédération africaine (CAF) de lui retirer l’organisation du premier rendez-vous sportif du continent.

Malgré le refus catégorique de la CAF d’envisager un report, le Maroc n’a pas bougé d’un iota depuis sa demande initiale le 10 octobre, s’accrochant au “cas de force majeure sanitaire” que représente selon lui l’épidémie d’Ebola, avec ses plus de 5.000 morts, principalement en Afrique de l’Ouest.

Le royaume, qui devait abriter la CAN pour la deuxième fois seulement, se trouve privé du statut de “capitale du sport africain” que lui aurait conféré durant près d’un mois la compétition. Sa sélection, qui devait participer au titre de pays hôte, a été disqualifiée et d’autres sanctions pourraient suivre.

Mais l’encadrement des Lions de l’Atlas –le nom de l’équipe nationale– et la plupart des Marocains semblent faire contre mauvaise fortune bon cœur. “La santé du peuple passe avant tout (…) le gouvernement a très bien fait”, a réagi le sélectionneur-adjoint, Mustapha Hadji, une ancienne gloire du football national.

Du point de vue sanitaire, le dispositif mis en place par le Maroc pour contrer Ebola a été salué pour son efficacité. Et le pays, où aucun cas de ce virus n’a été signalé, s’est fait fort de maintenir l’intégralité de ses liaisons aériennes avec les pays touchés.

Le royaume, qui manque de 7.000 médecins et 9.000 infirmiers selon des chiffres officiels, a toutefois pu craindre que son dispositif sanitaire soit fragilisé, dans le cas d’une arrivée massive de supporteurs.

Perdre 90% de tourisme

Si la protection de ses citoyens est l’unique argument avancé, d’autres considérations ont cependant pu peser, en particulier la santé de son secteur touristique, qui pèse environ 10% du PIB.

Le Maroc, qui vise 20 millions de visiteurs par an d’ici 2020 (contre 10 millions en 2013), aurait pu tirer profit de la tenue de la compétition à une période “où l’affluence touristique est généralement faible”, remarque Moncef Lyazghi, chercheur en politiques sportives.

Selin lui, la CAN aurait aussi “renforcé la confiance dans les capacités d’organisation d’événements internationaux” par le royaume, qui garde l’ambition d’abriter à moyen terme une Coupe du monde.

Mais, d’un autre côté, “si un cas ou deux d’Ebola venaient à être signalés au Maroc, cela aurait un impact négatif majeur”, souligne M. Lyazghi.

“Imaginez qu’il y ait Ebola au Maroc, on perdrait 90% du tourisme !”, s’est lui-même exclamé Mustapha Hadji, pour justifier son soutien à la décision.

Ces menaces ont-elles convaincu le Maroc de prendre le risque de voir son image écornée sur le continent ?

Le Maroc “n’a pas tenu compte de la déception des Africains”, a affirmé sur France 24 l’international ivoirien de Manchester City Yaya Touré, l’une des vedettes africaines évoluant en Europe.

Source: AFP

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