À quelques mois des élections territoriales, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 5 août, la coalition accuse le gouvernement d’entretenir un « report de fait » du scrutin et réclame l’ouverture urgente de concertations avec les acteurs politiques afin d’éviter une crise institutionnelle.
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a lancé, ce mercredi, un avertissement solennel au gouvernement sur l’organisation des prochaines élections territoriales. La coalition estime que les retards accumulés dans la mise en œuvre des différentes étapes du processus électoral compromettent sérieusement la tenue du scrutin dans les délais prévus par la loi.
Le FDR rappelle avoir alerté les autorités depuis plusieurs mois sur les risques d’un dérapage du calendrier. Il souligne qu’en réponse à une correspondance datée du 6 mars 2026, le ministre de l’Intérieur alors en fonction avait assuré que les élections se dérouleraient conformément aux dispositions du Code électoral et que le Président de la République disposait encore du temps nécessaire pour signer le décret convoquant le corps électoral.
Mais, selon la coalition, les faits démontrent aujourd’hui le contraire. Elle relève que plusieurs échéances légales approchent sans qu’aucune mesure préparatoire n’ait été engagée. Parmi celles-ci figurent notamment la fixation du montant de la caution, qui doit intervenir au plus tard le 20 août après concertation avec les acteurs politiques, ainsi que la révision des listes électorales, jugée indispensable à la crédibilité du scrutin.
Le Front souligne également que les candidatures aux élections départementales et municipales doivent être déposées entre le 24 et le 29 octobre 2026, tandis que les électeurs devraient être convoqués au plus tard le 19 octobre. À ses yeux, l’absence d’avancées sur ces différents points rend de plus en plus difficile l’organisation des élections avant le 17 janvier 2027, date limite fixée par la législation électorale.
Pour le FDR, cette situation ne résulte d’aucune contrainte objective, mais d’une « inertie probablement délibérée » du gouvernement. La coalition redoute qu’un tel retard n’ouvre la voie à une prolongation des mandats des élus territoriaux, une éventualité qu’elle considère comme contraire aux principes démocratiques et à l’État de droit.
Estimant que le respect du calendrier électoral constitue une exigence constitutionnelle, le Front appelle les forces politiques, les organisations de la société civile ainsi que l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour exiger l’ouverture immédiate d’une concertation nationale entre le gouvernement et les acteurs politiques.
Pour le FDR, seul un dialogue rapide permettra de garantir le respect du Code électoral, de préserver la crédibilité du processus électoral et d’assurer la légitimité des futures institutions territoriales. À défaut, prévient la coalition, le Sénégal s’exposerait à une crise de confiance susceptible d’affaiblir durablement son fonctionnement démocratique.
Abdou Latif NDIAYE