Les Berges du Sine ont été transformées en une véritable marée blanche. Près de 5 000 femmes et jeunes filles de Fatick, toutes vêtues de blanc selon les organisateurs, se sont massées pour rendre hommage au maire de la ville, Matar Bâ. Au-delà du caractère symbolique du «Sargal», cette mobilisation prend une forte dimension politique à l’approche des prochaines élections municipales.

L’image est spectaculaire et le message difficile à ignorer. Des milliers de femmes mobilisées autour de leur maire, venues exprimer leur reconnaissance, mais aussi leur confiance en celui qui entend briguer un nouveau mandat à la tête de la capitale du Sine. Pour les initiatrices, Matar Bâ demeure un homme de proximité, de paix et de rassemblement, particulièrement engagé auprès des femmes et des jeunes.
«Nous sommes venues rendre un hommage sincère et amplement mérité à notre maire. Il est un homme de paix, un homme social, un amoureux de sa localité», a déclaré Aïssatou Sapa Faye, présidente de l’Alliance des jeunes filles et jeunes dames de Fatick, estimant que la candidature de Matar Bâ «s’impose» pour un nouveau mandat.
Visiblement ému par l’ampleur de la mobilisation, le maire de Fatick a surtout voulu inscrire ce rassemblement dans le registre de la paix et de la cohésion sociale. «Nous devons préserver la paix et la cohésion sociale», a-t-il lancé, appelant les acteurs politiques locaux à privilégier l’intérêt de la ville sur les querelles de positionnement.
Mais derrière cet appel à l’apaisement, Matar Bâ n’a pas manqué de mesurer la portée politique de la mobilisation. « Celles qui sont là, si elles votent toutes, je passe facilement au premier tour », a-t-il déclaré, dans une formule qui en dit long sur ses ambitions municipales.
Et le maire ne compte visiblement pas s’arrêter à cette démonstration de force. Il annonce déjà une nouvelle mobilisation, cette fois avec les jeunes hommes de Fatick, à travers une grande parade dans les artères de la ville.
L’appel au fair-play
Candidat à sa propre succession, Matar Bâ a également tendu la main à ses adversaires. Pour lui, chacun peut légitimement nourrir des ambitions pour diriger Fatick, mais la compétition électorale ne doit pas se transformer en guerre fratricide.
«Nous sommes tous de Fatick. Fatick, c’est notre ville. Vouloir être maire ne nous permet pas de ternir son image. Nous sommes tous des parents», a-t-il martelé, appelant à davantage de vérité, de transparence et de fair-play dans la perspective des prochaines municipales.
L’épouse du maire, Me Ndèye Lika Bâ, a également été citée parmi les actrices de cette mobilisation, pour son implication aux côtés des femmes et des jeunes filles.
Au-delà du folklore et de l’hommage rendu à l’édile, le « Sargal Matar Bâ » apparaît ainsi comme un premier baromètre de la bataille municipale qui se profile à Fatick. En réunissant plusieurs milliers de femmes aux Berges du Sine, le maire a voulu démontrer qu’il conserve une capacité de mobilisation intacte. Une démonstration de force qui pourrait peser dans la course au fauteuil municipal.
Abdou Latif NDIAYE
