La 4e édition du FESTIBEU Dakar 2026 s’est tenue du 20 au 26 juillet dernier sous le thème : « Économie bleue et résilience côtière ». Plusieurs activités consacrées à la protection du littoral ont été organisées à cette occasion. Au terme de cette édition, le Forum régional des Peuples de la Mer et du Littoral dakarois a adressé aux autorités étatiques un plaidoyer rendu public hier, intitulé : « Pour une économie bleue forte et une résilience côtière urgente ».
Faisant le constat de la situation préoccupante du littoral dakarois, Ibrahima Sall et ses camarades expriment leur vive inquiétude face aux difficultés auxquelles sont confrontées les populations côtières.
« Aujourd’hui, les populations du littoral sont inquiètes. Nos plages sont polluées et impropres. L’érosion côtière avance. Les pêcheurs rentrent bredouilles. Les jeunes n’ont plus d’espaces sains pour le sport. Les mareyeuses perdent leurs revenus. Le changement climatique frappe et, sans action forte, nous perdons notre mer, notre culture et notre avenir », alerte Ibrahima Sall.
Pour le coordonnateur régional du FESTIBEU, des solutions existent pourtant. Il estime que l’économie bleue constitue une véritable opportunité pour les populations.
« L’économie bleue est une opportunité. Nos plages, notre mer et notre littoral peuvent créer des emplois, du tourisme, du sport, de la culture et de la richesse si nous les protégeons et les valorisons », martèle-t-il.
Pour bâtir une économie bleue résiliente, Ibrahima Sall et ses camarades invitent ainsi les pouvoirs publics à agir autour de cinq axes prioritaires.
Le premier consiste à réhabiliter les plages, notamment à travers la mise en place d’un plan d’urgence pour la baie de Hann. Celui-ci devrait, selon les organisateurs, permettre de dépolluer la baie, de drainer les eaux usées et d’aménager des espaces publics propres, sécurisés et accessibles aux populations.
Le deuxième axe porte sur la protection et l’adaptation du littoral. Les organisateurs préconisent notamment de renforcer la lutte contre l’érosion côtière, de mettre en place des ouvrages de protection et de procéder au reboisement des zones côtières.
Le troisième axe concerne la valorisation de l’économie bleue locale. À ce titre, le Forum régional des Peuples de la Mer et du Littoral dakarois propose la création de « Zones Économie Bleue », avec des espaces dédiés au sport, à la culture et à l’écotourisme, qui seraient gérés par les jeunes et les associations.
Les deux derniers axes concernent l’implication et la sensibilisation des populations, ainsi que la bonne gouvernance du secteur.
Sur ce dernier point, Ibrahima Sall plaide pour l’institutionnalisation du FESTIBEU, afin d’en faire un véritable cadre permanent de dialogue entre l’État, les collectivités territoriales et les populations du littoral.
« Nous souhaitons l’institutionnalisation du FESTIBEU. Ainsi, il sera un cadre de dialogue entre l’État, les collectivités et les populations du littoral. Mais aussi la création d’un comité régional de l’économie bleue à Dakar, avec le FESTIBEU, les maires, les services de l’État, entre autres », plaide-t-il.
À travers ce plaidoyer, les organisateurs du FESTIBEU entendent ainsi attirer davantage l’attention des pouvoirs publics sur l’urgence de préserver le littoral dakarois et de faire de l’économie bleue un véritable levier de développement, d’emploi et de résilience pour les communautés côtières.
M. SARR
