Le cumul de la présidence de l’Assemblée nationale avec la direction d’un parti politique crée autant de risques de confusion des rôles que le cumul entre la présidence de la République et la direction d’un parti, pourtant si souvent décrié.
Pourquoi ce qui est dénoncé au sommet de l’Exécutif deviendrait-il acceptable au sommet du pouvoir législatif ?
Au-delà des personnes, c’est une question de cohérence, d’éthique institutionnelle et d’exemplarité dans l’exercice des responsabilités publiques.
Comment comprendre, par ailleurs, qu’en pleine crise économique et financière, les querelles de positionnement et les ambiguïtés institutionnelles prennent autant de place dans le débat public, alors que les citoyens attendent des réponses urgentes à leurs préoccupations quotidiennes ?
La loi de finances rectificative ayant été soumise à l’examen de l’Assemblée nationale, la décence républicaine et le souci de préserver la distinction entre responsabilités institutionnelles et engagements partisans auraient dû conduire le parti du président de l’Assemblée nationale à tenir ses délibérations en l’absence de celui-ci.
La confusion entre fonctions institutionnelles et responsabilités partisanes est de nature à fragiliser la crédibilité de nos institutions, quelle que soit la conjoncture politique. Le respect de cette exigence doit demeurer un principe constant, indépendamment des rapports de force politiques et des circonstances du moment.
La crédibilité de la gouvernance se mesure aussi à la capacité des dirigeants à appliquer à eux-mêmes les principes qu’ils exigent des autres.
Ndiaga SYLLA
