Journée de l’Enfant Africain 2026 / Changement climatique : les enfants travailleurs d’Afrique tirent la sonnette d’alarme
À l’occasion de la célébration en différé de la Journée de l’Enfant Africain 2026, Enda Jeunesse Action International (EJAI), en partenariat avec le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT), a organisé un webinaire consacré à la présentation des résultats d’une enquête sur les effets du changement climatique sur les droits des enfants et des jeunes travailleurs en Afrique.
Réalisée auprès de 632 enfants et jeunes travailleurs issus de 15 pays africains, l’étude révèle l’ampleur des conséquences du dérèglement climatique sur cette couche particulièrement vulnérable de la population. Les fortes chaleurs, les inondations, la sécheresse, les déplacements forcés et la baisse des productions agricoles figurent parmi les principaux phénomènes signalés par les participants.
Selon les résultats présentés, 74 % des personnes interrogées constatent une recrudescence des chaleurs extrêmes, tandis que 49 % évoquent des inondations récurrentes. La sécheresse et la baisse de la production agricole, mentionnées respectivement par 39 % et 43 % des enquêtés, compromettent les moyens de subsistance de nombreuses familles et accentuent la précarité des enfants.
Membre de l’Association des Enfants et Jeunes Travailleurs (AEJT) de Fatick, Rosalie Diallo a souligné que les effets du changement climatique touchent durement les enfants engagés dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. Elle a notamment rapporté le témoignage d’un enfant du Cameroun confronté aux conséquences des inondations, lesquelles rendent les travaux agricoles plus difficiles et contraignent certaines familles à quitter leur cadre de vie habituel.
« Le changement climatique a vraiment touché la plupart des enfants d’Afrique. Nous avons besoin de l’accompagnement des autorités afin de protéger notre environnement et, par conséquent, les droits des enfants », a-t-elle plaidé.
Une enquête menée par les enfants eux-mêmes
Pour Ibrahima Sory Barry, stagiaire en suivi-évaluation à Enda Jeunesse Action International, l’une des particularités de cette étude réside dans son approche participative.
«La collecte d’informations a été réalisée par les enfants et pour les enfants. Ce sont des enfants enquêteurs qui sont allés à la rencontre d’autres enfants. Cette démarche permet de mieux prendre en compte leurs réalités et leurs préoccupations », a-t-il expliqué.
Selon lui, les recommandations issues de l’enquête devraient favoriser une plus grande implication des enfants dans les décisions et initiatives liées à la lutte contre les effets du changement climatique, notamment les programmes de sensibilisation, de reboisement et d’adaptation.
Porter la voix des enfants auprès des décideurs
Directeur exécutif d’Enda Jeunesse Action International, Aimé Yaovi Bada a rappelé que malgré l’importance croissante accordée aux questions climatiques, les enfants, en particulier ceux vivant dans des situations de vulnérabilité, demeurent insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques.
« Ce sont principalement les actions des adultes qui contribuent aux dérèglements climatiques, mais ce sont les enfants qui en subissent les conséquences les plus lourdes », a-t-il déclaré.
Pour le responsable d’EJAI, cette étude vise à porter la voix des enfants auprès des autorités nationales et des institutions concernées afin que leurs préoccupations soient davantage intégrées dans les stratégies climatiques et de développement.
Il a également insisté sur la nécessité de soutenir l’auto-organisation des enfants et des jeunes afin qu’ils puissent participer activement aux actions de préservation de l’environnement et de résilience face aux changements climatiques.
À travers ce webinaire, les organisateurs entendent ainsi renforcer le plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en compte des droits de l’enfant dans les politiques climatiques africaines et rappeler l’urgence d’agir pour protéger les générations futures face à une crise dont elles sont parmi les premières victimes.
Abdou Latif NDIAYE
