Territorialisation des politiques publiques, pouvoir d’achat, Casamance, finances publiques et secteur privé au cœur des instructions présidentielles
Le Conseil des ministres, exceptionnellement réuni hier, jeudi 10 septembre 2026, au Palais de la République sous la présidence du Chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a été largement consacré à l’accélération de l’action gouvernementale. Après la Déclaration de politique générale du Premier ministre, le Président de la République a donné de nouvelles directives pour passer des engagements à l’exécution concrète des réformes et projets annoncés.
Le Chef de l’État a d’abord félicité le Premier ministre pour sa Déclaration de politique générale du 8 septembre et salué la clarté de la feuille de route présentée devant l’Assemblée nationale. Mais au-delà des félicitations, le message présidentiel est sans ambiguïté : les réformes et actions annoncées doivent désormais produire des résultats tangibles pour les populations.
Dans cette perspective, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a insisté sur trois priorités : la protection du pouvoir d’achat des ménages, la maîtrise des finances publiques et l’efficacité des services publics sur l’ensemble du territoire. Il a également demandé une territorialisation accrue des politiques publiques, avec une implication plus forte des élus et des acteurs communautaires dans la conception, l’exécution et l’évaluation des projets.
La Casamance en priorité
Autre dossier majeur : le Plan Diomaye pour la Casamance. Considérant le pôle territorial formé par Ziguinchor, Kolda et Sédhiou comme stratégique pour la transformation du Sénégal à l’horizon 2050, le Président a demandé une évaluation de l’état d’exécution de ses différentes composantes.
Il a également ordonné un renforcement significatif des moyens du Centre national d’Action Antimines du Sénégal (CNAMS), notamment pour sécuriser les villages et les zones de production agricole. Les ressources du PUMA et de l’ANRAC devront également être renforcées pour accélérer le désenclavement, l’installation des services publics essentiels et le développement des infrastructures sociales dans les zones frontalières.
Une réunion interministérielle d’évaluation et de relance du Plan Diomaye pour la Casamance sera organisée sous la présidence du Premier ministre.
Finances : des échéances serrées
Dans le prolongement de sa DPG, le Premier ministre a, de son côté, fixé des échéances précises pour la mise en œuvre de la nouvelle doctrine gouvernementale fondée sur la « méthode » et la culture du résultat.
Il a demandé au ministre de l’Économie, des Finances et du Plan de veiller à la satisfaction des mesures correctives liées au misreporting dans les délais convenus avec le FMI, au dépôt du projet de loi de finances rectificative 2026 à l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre, ainsi qu’à la présentation au Conseil des ministres du projet de loi de finances 2027 le 30 septembre 2026.
Chaque programme gouvernemental devra désormais être rattaché à l’un des cinq engagements de la DPG : redressement des comptes publics, restauration de l’État de droit, renforcement de la souveraineté, résolution des difficultés des Sénégalais et équité territoriale et sociale.
153 ambulances pour le désenclavement sanitaire
Sur le front social, le Président de la République s’est félicité de la réception de 153 ambulances médicalisées, destinées à améliorer la prise en charge des malades sur l’ensemble du territoire.
Il a également appelé à accélérer les programmes de construction et d’aménagement de logements sociaux et demandé une révision des modalités de mise à disposition des prêts DMC dans le cadre de la nouvelle politique de promotion du logement et de l’habitat décent.
Le secteur privé davantage associé
Le dialogue avec le patronat figure également parmi les priorités. Après son audience avec le Conseil national du Patronat (CNP), le 3 septembre dernier, le Chef de l’État a demandé au Gouvernement de renforcer les échanges avec le secteur privé et d’accélérer les réformes destinées à améliorer le climat des affaires.
La résorption de la dette intérieure, l’accès des PME/PMI à la commande publique, les réformes du Code général des Impôts et du Code des Douanes, la réforme foncière ainsi que la formation duale sont notamment visés.
Le Gouvernement devra également finaliser, avant fin octobre, le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique et la Stratégie portuaire nationale, notamment en veillant au respect du calendrier des infrastructures portuaires de Ndayane et Bargny-Sendou.
Joola : les 24 ans de commémoration
À l’approche du 24e anniversaire du naufrage du bateau Le Joola, le Président a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la bonne organisation des cérémonies religieuses et officielles.
Une attention particulière devra être accordée aux familles des victimes et aux rescapés, notamment à leur accès aux lieux de mémoire, dont le Musée national dédié aux victimes à Ziguinchor.
Au total, ce Conseil des ministres marque une nouvelle séquence pour l’exécutif : après la DPG, place à l’exécution. Le Président de la République fixe le cap, tandis que le Premier ministre impose désormais des échéances et des mécanismes de suivi pour transformer les engagements en résultats concrets.
Abdou Latif NDIAYE
