À la veille de l’examen de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, Aly Ka, membre de la Conférence des leaders de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, accuse El Hadj Malick Ndiaye de tourner le dos au Djoloff. Dans une interpellation publique datée du 26 octobre à Paris, il dénonce le blocage parlementaire et appelle le député de Linguère à privilégier l’intérêt national.
Le ton est sans concession. Aly Ka ne mâche pas ses mots à l’endroit d’El Hadj Malick Ndiaye, Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale et député élu du département de Linguère. À la veille de la plénière consacrée à la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, le responsable de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains lui adresse une interpellation publique au vitriol, l’accusant d’avoir choisi « le camp du sabotage de la République » au détriment du Djoloff qui a contribué à son élection.
Au cœur de cette charge politique, le blocage de l’examen du texte budgétaire. Aly Ka reproche à la majorité parlementaire à laquelle appartient El Hadj Malick Ndiaye de faire obstacle à une loi qu’il juge essentielle au fonctionnement de l’État et à la continuité du service public. En s’associant à cette démarche, le député aurait, selon lui, privilégié « la logique partisane à l’intérêt supérieur de la Nation ».
Le Djoloff, un soutien qui se transforme en reproche
Au-delà du différend parlementaire, Aly Ka remet en question les conditions de l’élection d’El Hadj Malick Ndiaye dans le département de Linguère. Il rappelle que PASTEF n’avait, selon lui, jamais remporté de victoire électorale au Djoloff avant ce scrutin. Il attribue le succès du député à une mobilisation collective, évoquant l’engagement de cadres du terroir, de neuf maires, d’un président de conseil départemental, d’un leader politique resté dans l’ombre et de populations mobilisées pour porter sa candidature.
Pour Aly Ka, ce soutien populaire constituait un engagement politique qui devait se traduire par une fidélité à la République et aux aspirations de transformation du pays. « Ce soutien n’était pas un chèque en blanc », martèle-t-il, estimant que le blocage parlementaire constitue une rupture avec les attentes de ceux qui ont contribué à l’élection du député.
Le responsable politique dénonce ainsi ce qu’il considère comme un reniement envers les acteurs locaux qui se sont investis dans la campagne électorale, convaincus d’envoyer à l’Assemblée nationale un représentant appelé à servir l’État.
Un appel au sursaut avant la plénière
Malgré la virulence de ses accusations, Aly Ka laisse entrevoir une possibilité de réajustement. Il invite El Hadj Malick Ndiaye à saisir la plénière pour « choisir la République plutôt que la confrontation » et se montrer digne de la confiance placée en lui par les électeurs du Djoloff.
L’interpellation prend toutefois une tournure plus personnelle dans sa conclusion. Aly Ka révèle que le leader de PASTEF aurait bloqué sa propre candidature à la députation, pourtant proposée, selon lui, par El Hadj Malick Ndiaye. Une décision qu’il dit comprendre rétrospectivement, affirmant qu’il n’aurait jamais cautionné les dérives qu’il impute au pouvoir en place.
En invoquant l’honneur du Djoloff et la responsabilité des élus, Aly Ka place ainsi El Hadj Malick Ndiaye face à ce qu’il présente comme un choix décisif entre discipline partisane et intérêt national. Une sortie politique offensive, à la veille d’une échéance parlementaire qu’il érige en test de responsabilité républicaine.
Abdou Latif NDIAYE
