Dédicace de livre – Le président du COJOJ rend hommage à l’unique médaillé olympique du Sénégal et souligne la portée symbolique des JOJ Dakar 2026.
La médaille d’argent remportée par Amadou Dia Ba aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988, demeure un repère majeur dans l’histoire du sport sénégalais. Trente-huit ans après cet exploit, le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (COJOJ) Dakar 2026, Mamadou Diagna Ndiaye, a rendu un vibrant hommage à l’ancien champion, samedi 24 octobre, lors de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage qui lui est consacré, au Pullman Dakar.
Pour Mamadou Diagna Ndiaye, cette médaille n’a rien perdu de son éclat. « Une seule médaille olympique de l’histoire du Sénégal en 60 ans de participation, de Tokyo 1964 à Paris 2024. Vous vous rendez compte ? Une seule. Et c’est la sienne », a-t-il rappelé, soulignant ainsi la place singulière qu’occupe Amadou Dia Ba dans le patrimoine sportif national.
Le 28 septembre 1988, au stade olympique de Séoul, le spécialiste sénégalais du 400 mètres haies avait décroché la médaille d’argent en 47 secondes et 23 centièmes, derrière l’Américain André Phillips. Une performance exceptionnelle qui reste, à ce jour, l’unique médaille olympique du Sénégal.
Un modèle de persévérance et de dignité
Au-delà de la performance, le président du COJOJ a insisté sur la portée humaine et symbolique du parcours de l’athlète. Originaire de Koungheul et ayant grandi à Pikine, Amadou Dia Ba incarne, selon lui, une génération de sportifs qui ont su repousser les limites malgré des moyens modestes.
« Dia Ba n’est pas qu’une médaille. Dia Ba, c’est une époque. C’est une idée du Sénégal », a-t-il déclaré, mettant en avant la persévérance, l’humilité et l’élégance de l’ancien champion.
Champion d’Afrique à plusieurs reprises, Amadou Dia Ba s’est également illustré par sa régularité au plus haut niveau, avec trois finales olympiques disputées à Los Angeles en 1984, à Séoul en 1988 et à Barcelone en 1992. Pour Diagna Ndiaye, son parcours démontre qu’un pays aux ressources limitées peut rivaliser avec les plus grandes nations grâce au talent, à la détermination et à la foi en ses capacités.
« On peut être originaire d’un petit pays et regarder les grands dans les yeux », a-t-il lancé, faisant de l’exploit de Séoul une leçon de courage et de dépassement de soi.
Un livre pour préserver la mémoire sportive
Parrain de la cérémonie, Mamadou Diagna Ndiaye a salué le travail des auteurs Cheikh Tidiane Fall, Mamadou Koumé, Abdoulaye Dabo et Khalifa Ndiaye, ainsi que celui des Éditions sportives africaines. Il a souligné l’importance de cet ouvrage dans la transmission de la mémoire sportive nationale, regrettant que les jeunes générations connaissent parfois davantage les vedettes actuelles que les figures qui ont écrit les premières grandes pages du sport sénégalais.
« Vous venez de réparer une injustice », a-t-il affirmé à l’endroit des auteurs, estimant que raconter Amadou Dia Ba revient aussi à raconter une partie de l’histoire du Sénégal.
Le président du COJOJ a notamment invité les jeunes de la Learning Academy de Dakar 2026 à s’inspirer de la course de Séoul pour mieux comprendre les valeurs olympiques : l’effort, la persévérance, le dépassement de soi et la dignité, y compris dans la défaite.
Dakar 2026, entre héritage et avenir
Cet hommage intervient à quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Pour Diagna Ndiaye, la proximité de cet événement avec la célébration de l’héritage d’Amadou Dia Ba revêt une dimension particulière.
« L’homme de Séoul va accueillir les enfants de Dakar », a-t-il souligné, évoquant la portée symbolique de cette rencontre entre une figure historique du sport national et une nouvelle génération appelée à porter les ambitions olympiques du Sénégal et de l’Afrique.
À travers cette cérémonie, le président du COJOJ a ainsi replacé l’exploit de 1988 dans une perspective de transmission. L’enjeu est de faire de l’histoire d’Amadou Dia Ba une source d’inspiration pour les jeunes athlètes, au moment où Dakar s’apprête à accueillir le monde pour une première édition des Jeux olympiques de la Jeunesse sur le continent africain.
« Vous avez raconté l’homme de Séoul. Vous avez raconté le Sénégal », a conclu Mamadou Diagna Ndiaye, avant de lancer un vibrant hommage au sport, à l’Olympisme et à Amadou Dia Ba.
Abdou Latif NDIAYE
