Mouhamadou Lamine Massaly ne ménage pas Ousmane Sonko. Dans une tribune intitulée «Ousmane Sonko, le grand théâtre de l’affabulation», le président de l’UNR livre une critique particulièrement sévère du parcours politique et de l’exercice du pouvoir du leader de Pastef. Il remet en cause sa méthode, ses promesses de rupture et sa capacité à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des Sénégalais.
Pour Massaly, l’ascension politique de Sonko repose davantage sur la mobilisation des frustrations populaires et un discours qu’il juge populiste que sur la solidité d’un programme. Il l’accuse notamment d’avoir exploité les attentes d’une jeunesse en quête de perspectives, en multipliant les déclarations spectaculaires et les promesses de changement.
Le «Gatsa-Gatsa» au cœur des critiques
Le président de l’UNR s’attaque également à ce qu’il considère comme une contradiction entre le discours tenu par Ousmane Sonko dans l’opposition et sa posture au pouvoir. Il estime que les engagements de transparence et de rupture ont laissé place à des pratiques qu’il assimile à une gestion fondée sur le secret et la confrontation politique.
Dans sa charge, Mouhamadou Lamine Massaly revient sur le concept de «Gatsa-Gatsa», qu’il associe à une logique d’affrontement permanent. Selon lui, cette posture a contribué à entretenir les tensions politiques, sans pour autant déboucher sur les changements annoncés aux populations.
L’ancien opposant, devenu acteur central du pouvoir, serait ainsi, aux yeux de Massaly, confronté aux limites de son propre discours. Le responsable politique dénonce un décalage entre les ambitions affichées et les résultats qu’il juge insuffisants.
La crise économique au banc des accusés
Au-delà de la bataille des discours, le président de l’UNR place la situation économique et sociale au centre de son réquisitoire. Vie chère, manque d’opportunités pour les jeunes, incertitudes économiques et climat social tendu constituent, selon lui, autant de signes d’une gouvernance qui peine à répondre aux attentes des citoyens.
Mouhamadou Lamine Massaly attribue une responsabilité majeure à Ousmane Sonko dans cette situation. Il lui reproche notamment son impréparation et sa propension à privilégier la confrontation politique au détriment de la recherche de solutions concrètes.
«Les slogans populistes ne se mangent pas », résume en substance le président de l’UNR, qui appelle à dépasser les promesses et les postures pour juger les dirigeants à l’aune de leurs actes.
Un appel à la résistance démocratique
Dans la dernière partie de sa tribune, Mouhamadou Lamine Massaly invite les Sénégalais à tirer les conséquences de ce qu’il considère comme l’échec du discours de rupture porté par Ousmane Sonko. Il plaide pour une mobilisation démocratique et républicaine face aux pratiques qu’il dénonce.
Pour le président de l’UNR, l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’évaluation des résultats et à l’exigence de responsabilité politique. Il conclut sa charge en appelant à mettre un terme aux manipulations qu’il attribue à celui qu’il qualifie de «Messie autoproclamé», dans un Sénégal confronté à de fortes attentes économiques et sociales.
Abdou Latif NDIAYE.
