En visite au siège du Groupe de la Banque mondiale à Washington, le président du COJOJ, Mamadou Diagna Ndiaye, a plaidé pour un partenariat renforcé autour de l’employabilité des jeunes et du développement de l’industrie du sport en Afrique. Au cœur des échanges, la Dakar 2026 Learning Academy, qui forme déjà 312 jeunes professionnels de 23 pays, et le programme régional SIRA, doté de 642 millions de dollars.

Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 entendent dépasser le cadre de la compétition sportive pour devenir un véritable accélérateur de développement humain et économique. C’est dans cette perspective que le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ), conduit par son président, Mamadou Diagna Ndiaye, a effectué une visite de travail au siège du Groupe de la Banque mondiale, à Washington, à l’invitation d’Ousmane Diagana, vice-président de l’institution pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Accompagné notamment du coordonnateur du COJOJ, Ibrahima Wade, et de Fatou Amirah Mamebouray, responsable de la Learning Academy, le président du comité d’organisation a échangé avec les responsables de l’institution financière internationale sur les perspectives d’un partenariat plus ambitieux autour de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’économie du sport.
Cette rencontre, qui fait suite à la visite effectuée à Dakar par Ousmane Diagana en août dernier, traduit une volonté commune : faire des JOJ Dakar 2026 un levier durable de transformation économique et sociale. Premier événement olympique organisé sur le continent africain, cette édition représente, pour le Sénégal, une occasion de renforcer ses capacités organisationnelles, de développer les compétences de sa jeunesse et de positionner le sport comme un secteur créateur d’emplois.
La formation au cœur de l’héritage
Au cours des échanges, le COJOJ a présenté son modèle d’organisation ainsi que sa stratégie d’héritage, structurée notamment autour de la Dakar 2026 Learning Academy. Cette initiative constitue l’un des piliers de la préparation des Jeux et de leur impact à long terme.
L’Académie compte déjà 312 jeunes professionnels issus du Sénégal et de 22 autres pays africains, formés aux standards internationaux de gestion des grands événements sportifs. Au-delà de la préparation opérationnelle des JOJ, cette démarche vise à doter les jeunes de compétences susceptibles de leur ouvrir des perspectives professionnelles dans l’organisation événementielle, le management sportif et les métiers connexes.
Le COJOJ a également présenté un projet pilote d’Académies des Sports consacré aux métiers du sport. Une initiative qui s’inscrit dans une vision plus large : structurer progressivement un écosystème professionnel autour du sport, en favorisant la qualification des jeunes et leur insertion sur le marché du travail.
De leur côté, les équipes de la Banque mondiale ont exposé les initiatives déjà engagées en faveur des JOJ à travers son portefeuille de projets au Sénégal. Les discussions ont ainsi permis d’examiner les possibilités de convergence entre les ambitions du comité d’organisation et les programmes de développement soutenus par l’institution.
642 millions de dollars pour l’employabilité des jeunes
L’un des principaux résultats de cette rencontre réside dans la perspective d’un rapprochement avec le programme SIRA (Skills for Inclusive Regional Advancement), une initiative régionale lancée en juin 2026 et dotée de 642 millions de dollars. Consacré à l’employabilité des jeunes en Afrique de l’Ouest et du Centre, ce programme pourrait offrir un cadre de collaboration pour renforcer les actions de formation et d’insertion professionnelle portées par le COJOJ.
À l’issue des échanges, Ousmane Diagana a proposé de poursuivre le dialogue afin d’explorer les modalités d’articulation entre les activités du comité d’organisation et les objectifs de SIRA. L’enjeu est de créer des passerelles entre l’expérience acquise dans le cadre des JOJ, les besoins du marché du travail et les programmes régionaux de développement des compétences.
Cette perspective ouvre des possibilités de coopération qui dépassent l’échéance de novembre 2026. Elle rejoint l’ambition de faire des investissements humains consentis à l’occasion des Jeux un patrimoine de compétences et de savoir-faire au bénéfice du Sénégal et du continent africain.
L’objectif partagé par les deux parties est également de placer la jeunesse, le sport et l’employabilité au cœur des priorités du prochain Cadre de partenariat-pays entre la République du Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale. Une orientation qui pourrait contribuer à inscrire l’héritage des JOJ dans une dynamique plus large de développement national.
La SFI s’intéresse à l’industrie du sport
La délégation du COJOJ a, par ailleurs, tenu une séance de travail avec Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale (SFI), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. Les échanges ont porté sur le sport et les perspectives de développement de son industrie en Afrique.
Cette dimension économique constitue un autre enjeu majeur des JOJ Dakar 2026. Au-delà de leur portée sportive et symbolique, les Jeux peuvent contribuer à stimuler les investissements, à encourager l’entrepreneuriat et à favoriser l’émergence d’activités dans des domaines tels que l’événementiel, les services, la communication et la gestion des infrastructures sportives.
La présence du COJOJ auprès de la SFI traduit ainsi l’intérêt porté aux opportunités économiques susceptibles d’être générées par le développement du sport sur le continent.
Le coordonnateur général du COJOJ, l’ambassadeur du Sénégal à Washington ainsi que Prosper Youm, ancien du Fonds monétaire international (FMI) et conseiller du COJOJ, ont également pris part aux rencontres.
À quelques semaines de l’ouverture des JOJ, prévue du 31 octobre au 13 novembre 2026, cette séquence washingtonienne met en lumière une ambition essentielle pour le Sénégal : faire de Dakar 2026 bien davantage qu’un rendez-vous sportif, en transformant l’événement en une plateforme de formation, d’employabilité et de développement de l’industrie du sport en Afrique.
Abdou Latif NDIAYE
