Le débat autour de la Loi de finances rectificative ne doit pas être réduit à une querelle entre Ousmane SONKO, désormais président de l’Assemblée nationale, et le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Amine Lô. Derrière cette confrontation apparente, c’est le fonctionnement même de nos institutions qui est en jeu. L’Assemblée nationale a ses pouvoirs, le Gouvernement a les siens, et aucun ne peut s’arroger les prérogatives de l’autre. La République ne fonctionne ni par intimidation ni par rapport de force, mais par le respect de la Constitution et des procédures.
Si le Gouvernement transmet un texte à l’Assemblée nationale, la procédure de transmission doit être irréprochable. Si l’Assemblée estime que le dossier est incomplet ou irrégulier, elle doit le signaler dans le strict respect de ses prérogatives et permettre, par les voies institutionnelles appropriées, sa régularisation. Mais une difficulté procédurale ne doit jamais devenir un prétexte à une confrontation politique. Un dossier d’État n’appartient ni au Premier ministre ni au président de l’Assemblée : il appartient à la République.
Ousmane Sonko, en tant que président de l’Assemblée nationale, a désormais une responsabilité institutionnelle majeure. Il ne peut plus agir comme un simple chef politique ou un responsable partisan : il doit être le garant de la dignité, de l’impartialité et du bon fonctionnement de l’institution parlementaire. De la même manière, le Premier ministre Al Amine Lô doit exercer pleinement ses responsabilités gouvernementales, sans chercher à contourner le Parlement. Les fonctions ont changé ; les responsabilités aussi. Les hommes doivent s’effacer devant les institutions.
C’est précisément à ce moment que le rôle de Bassirou Diomaye Faye devient déterminant. Président de la République et garant de la Constitution et du fonctionnement régulier des institutions, il ne peut laisser s’installer un face-à-face permanent entre la Présidence de l’Assemblée et la Primature. Il doit rappeler à chacun ses pouvoirs, mais surtout ses limites. Il ne s’agit pas pour lui de prendre parti pour le Gouvernement contre l’Assemblée, ni pour l’Assemblée contre le Gouvernement : il doit prendre parti pour la République, pour la Constitution et pour l’intérêt général.
Nous devons être clairs : la politique ne doit jamais prendre l’État en otage. Une LFR, un budget, une loi ou tout autre dossier stratégique ne doit pas devenir une arme dans une bataille entre responsables politiques. Le Gouvernement doit respecter les procédures lorsqu’il saisit l’Assemblée ; l’Assemblée doit respecter les procédures lorsqu’elle examine ou retourne un texte. Quand chacun respecte ses compétences, la République avance. Quand chacun cherche à dépasser ses limites, c’est le Sénégal qui recule. Le moment est venu pour le Président Diomaye Faye de reprendre pleinement son rôle de garant de l’équilibre institutionnel.
Monsieur le Président Sem Bougar DIOUF UPS
Union des Panafricanistes Sénégalais – UPS
FIPPU SOPI SA REW DAFA JOT
