ZIGUINCHOR – La section communale de Pastef Les Patriotes de Ziguinchor sous la houlette de son coordonnateur Abdou Sané, est montée au créneau, ce samedi 29 août 2026, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « reniements », de « recul démocratique » et d’« incohérences » dans la conduite des affaires publiques. Face à la presse, les responsables locaux du parti ont également défendu l’initiative parlementaire sur les fonds spéciaux et salué l’engouement autour de la vente des cartes de Pastef.
D’emblée, le ton était donné. Pour la section communale de Pastef, l’Assemblée nationale est en train de « se réconcilier avec elle-même et avec le peuple souverain », notamment à travers les propositions de loi, les commissions d’enquête parlementaires, les mécanismes d’évaluation des politiques publiques ainsi que la multiplication des questions écrites et orales.
Fonds spéciaux : Pastef dénonce un «reniement» du gouvernement
Au cœur de la conférence de presse, la proposition de loi portant davantage de transparence dans la gestion des fonds spéciaux. Les responsables de Pastef Ziguinchor estiment que cette initiative s’inscrit dans les engagements pris devant les Sénégalais en matière de bonne gouvernance, de redevabilité et de reddition des comptes.
Selon les camarades de Abdou Sané, le gouvernement avait formulé un amendement lors des travaux en commission, lequel aurait été accepté et intégré au texte. La saisine ultérieure du Conseil constitutionnel par l’exécutif est dès lors perçue par les conférenciers comme une volte-face.
« Le masque est tombé », ont-ils lancé, accusant le gouvernement d’un « reniement » et d’une absence de volonté politique de renforcer le contrôle des ressources publiques.
La section communale de Pastef estime également que cette controverse aurait été suivie d’une tentative de détourner le débat vers la personne d’Ousmane Sonko, présenté par les responsables du parti comme une figure majeure de leur combat politique.
«C’est l’ère de la décadence morale»
Sur le terrain des valeurs, le discours s’est fait particulièrement virulent. Pastef Ziguinchor dénonce un supposé recul de la probité, de l’éthique et de l’orthodoxie dans la gestion publique.
Les responsables du parti fustigent notamment les ralliements politiques qu’ils associent à un « supposé patriotisme républicain ». À leurs yeux, ces mouvements traduisent davantage « l’opportunisme » et « l’hypocrisie » que l’intégrité et la conviction.
Une charge qui vise, plus largement, ce que Pastef considère comme une dégradation du climat politique national.
Vente des cartes : « Pastef fait peur ! »
Autre sujet au centre des critiques : l’interdiction, selon eux, d’une cérémonie liée au lancement de la vente des cartes de Pastef Les Patriotes.
Pour la section communale, une telle décision constituerait une atteinte aux libertés politiques et un signe de « peur » au sommet de l’État.
Le slogan est assumé : « Pastef fait peur ! »
Les responsables locaux affirment par ailleurs que la vente des cartes du parti suscite une mobilisation exceptionnelle à travers différentes catégories de la population, des jeunes aux personnes du troisième âge, en passant par les femmes et les adultes.
Ils y voient la manifestation d’un « enthousiasme » et d’un « espoir » qui, selon eux, dépassent largement les cadres traditionnels de la mobilisation politique.
Calendrier électoral : Pastef exige le respect des règles
La section communale de Pastef Ziguinchor s’est également attaquée à la gestion du calendrier électoral. Elle réclame le respect strict des échéances électorales et des dispositions de la loi électorale.
Les responsables du parti dénoncent parallèlement ce qu’ils considèrent comme une mauvaise interprétation du cadre juridique régissant les relations entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, notamment autour de la Déclaration de politique générale du Premier ministre.
Pour Pastef Ziguinchor, cette situation révèle des signes d’« affaissement de la République », tout en assurant que le peuple sénégalais demeure, selon leur expression, « en sentinelle ».
«Une force virtuelle en plastique»
En conclusion, les responsables de Pastef Ziguinchor ont rejeté toute prétention d’une formation politique à s’approprier la nation ou à s’attribuer définitivement une suprématie électorale.
Ils estiment que seule la confrontation avec le suffrage universel permet de mesurer véritablement le poids d’un parti politique.
Dans une formule particulièrement offensive, ils ont qualifié certaines démonstrations de force politique de « force virtuelle en plastique », dont le destin resterait incertain face à l’arbitrage du peuple.
La section communale de Pastef Ziguinchor a ainsi réaffirmé sa confiance en Ousmane Sonko, présenté comme le « porteur de l’espoir » d’une partie importante de la population.
À travers cette sortie médiatique, Pastef Ziguinchor entend donc maintenir la pression sur le gouvernement, défendre son agenda de transparence et de gouvernance, mais aussi transformer la vente de ses cartes en démonstration de force politique sur le terrain.
Abdou Latif NDIAYE
