Cheikh Ahmed Tidiane Sy dit Al-Maktoum ou Al-Makhtoum (1925 -2017) était un industriel et religieux musulman sénégalais, Khalife de Serigne Babacar Sy (RTA) de la confrérie Tidiane de Tivaouane. Ancien ambassadeur du Sénégal en Egypte, après l’indépendance, il fut responsable d’un parti politique face aux socialistes. Un homme très écouté pendant ses sorties dans les grandes rencontres à travers le pays et dans le monde des religieux et intellectuels.
Dès 1950, afin de répondre aux aspirations d’une nouvelle jeunesse musulmane intellectuelle, il créa la première association culturelle islamique du Sénégal dénommée « Causerie musulmane instructive » et lança en même temps le journal L’Islam éternel.
Plus tard, durant la grève de 1968, devant l’absence des forces de l’ordre à assurer la sécurité des pèlerins lors de la célébration du Mawloud (naissance du prophète Mahomed) dans la ville sainte de Tivaouane, Serigne Cheikh initia la mise sur pied d’un comité d’organisation de l’évènement dénommé COSKAS (Comité d’organisation au service du Khalife Ababacar Sy). Il en confiera la gestion à son jeune frère Serigne Abdoul Aziz Sy. Cette structure continue d’ailleurs de conduire cette mission jusqu’à ce jour.
Guide des Mourtarchidines
Il est le guide spirituel du Dahiratoul Moustarchidina wal Moustarchidaty (cercle des hommes et des femmes à la quête de la bonne direction), dont un de ses fils, Cheikh Mouhamadou Moustapha Sy est le Responsable moral.
S’il est considéré comme religieux, c’est certainement en raison de ses origines familiales puisqu’il est le fils du khalife de la Tidiania Serigne Babacar Sy.
Serigne Cheikh s’intéressa très vite à différents intellectuels et s’affranchit du conservatisme en s’inscrivant comme un homme d’ouverture. Il est ainsi plutôt qualifié d’universaliste, car ayant été à la fois homme de culture, fondateur d’un des tout premiers partis politiques du Sénégal (PSS), industriel, diplomate et très grand mécène.
Par sa mère, il est descendant de l’Almamy du Saloum, Maba Diakhou Ba, de Maad a Sinig Coumba Noffène Diouf et est le petit-fils d’El Hadji Abdoul Hamid Kane qui représentait l’Afrique Occidentale Française (AOF) en France, à l’occasion de la pose de la première pierre de la grande mosquée de Paris.
Né à Saint-Louis du Sénégal en 1925, il s’installa plus tard à Tivaouane puis Dakar. Il grandit aux côtés de grands instructeurs de l’époque tels que Serigne Alioune Guèye, Serigne Cheybatou Fall, Serigne Birane Sarr, Serigne Mama Lo, Imam Moussa Niang, El Hadj Cheikh Ndiaye Mabèye, Serigne Mame Mor Seck, Cheikh Mouhamed Yahya, et son oncle paternel El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh Malick, entre autres. Ces précepteurs sont des compagnons de son père Serigne Babacar Sy et vont s’occuper de sa formation dès l’enfance. Il termine à quatorze ans le cycle inférieur et moyen des études islamiques et publia seize ans après son premier ouvrage appelé « Les Vices des marabouts ».
Avant même l’indépendance du Sénégal, dans les années 1950, après le vote de la Loi Cadre et du Référendum de 1958, il créa en février 1959 le Parti de la Solidarité Sénégalaise (PSS). Ceci lui permit de participer aux élections législatives du 22 mars 1959, faisant face au futur premier président sénégalais, Léopold Sédar Senghor ainsi qu’à Lamine Guèye et d’autres ténors comme Mamadou Dia et Valdiodio Ndiaye, tous réunis au sein de l’UPS (Union Progressiste Sénégalaise).
Par THIAM HALWAR
