Le secteur créatif africain souffre d’une exclusion systémique des revenus numériques mondiaux pour plusieurs raisons : i) la marginalisation numérique ( les plateformes internationales génèrent des milliards de profits, 7 pays sur 8 de l’UEMOA ne perçoivent aucune rémunération pour leurs contenus sur YouTube) ; ii) l’iniquité de rémunération : un créateur de la zone gagne entre 5 et 85 fois moins qu’un créateur hors du continent pour une qualité et un engagement identiques ; iii) la comparaison faite avec TikTok : pour un volume de 700 millions de vues, les revenus captés dans l’UEMOA s’élèvent à seulement 1 000 FCFA, contre un montant estimé de 30 000 USD en Europe.
En somme, l’absence de monétisation structurée engendre des conséquences économiques et sociales sévères : i) pertes financières globales estimées à 35 milliards de FCFA par an pour l’ensemble des créateurs de la région ; ii) un frein à la création de 20 000 emplois potentiels dans l’économie créative régionale ; iii) une triple perte stratégique (fiscales, culturelle et statistiques culturelles).
Pour inverser cette tendance, nous préconisons, au bénéfice de l’UEMOA, de mobiliser toutes les expertises pour une négociation collective auprès des plateformes numériques afin d’obtenir une monétisation complète et équitable grâce à des approches régionales unifiées.
Papa Madické DIAGNE
