Quand l’administration tarde à signer, c’est toute une population qui attend. Le Projet d’urbanisme et de développement (PUD) de Guédiawaye est aujourd’hui confronté à une situation qui suscite incompréhension, frustration et inquiétude parmi de nombreux propriétaires, ayants droit et acteurs locaux.
Après avoir accompli l’ensemble des démarches administratives exigées et parcouru, les différentes étapes de la procédure, des populations affirment se retrouver toujours dans l’attente de la signature de leurs approbations foncières.
Au cœur de cette situation, la responsabilité du Directeur général des Domaines est directement interpellée par les populations concernées, qui lui reprochent de refuser ou de tarder à signer certaines approbations destinées aux ayants droit du PUD de Guédiawaye. Cette situation mérite aujourd’hui une explication publique, claire et précise. Pourquoi les dossiers de la population restent-ils bloqués La question est simple, mais elle est devenue incontournable : pourquoi les approbations concernant les populations, les propriétaires, les ayants droit et certains conseillers municipaux restent-elles en attente de signature, alors que des dossiers concernant d’autres catégories de bénéficiaires semblent, eux, être signés ?
Des interrogations sont notamment soulevées concernant des dossiers liés à des agents du Cadastre, des Impôts et Domaines, à certaines administrations civiles, à des magistrats ou encore à des ambassadeurs. Si ces faits sont confirmés, ils poseraient une question fondamentale : l’administration foncière applique-t-elle les mêmes règles et les mêmes délais à tous les citoyens ? Il ne s’agit pas de demander un traitement privilégié pour la population. Il s’agit précisément de demander l’égalité de traitement. La signature d’un document administratif ne devrait jamais dépendre du statut social, de la fonction, du réseau ou de la qualité du bénéficiaire.
Une interpellation directe au Directeur général des Domaines
M. le Directeur général des Domaines est aujourd’hui directement interpellé. Les populations attendent de lui une réponse à une question essentielle : pour quelles raisons les approbations des ayants droit du PUD de Guédiawaye ne sont-elles pas signées dans les mêmes conditions que celles d’autres catégories de bénéficiaires ? S’il existe un obstacle juridique, technique ou administratif, qu’il soit clairement expliqué. S’il manque une pièce, qu’on indique précisément laquelle. Si une procédure doit être reprise, que les intéressés en soient officiellement informés. Mais maintenir des familles dans l’incertitude pendant des mois, voire des années, sans explication suffisamment claire, n’est pas acceptable.
Une administration moderne ne doit pas seulement prendre des décisions : elle doit aussi expliquer ses décisions. Une population qui a le sentiment d’être abandonnée. Derrière chaque dossier, il y a une famille. Derrière chaque parcelle, il y a souvent des années de sacrifices, des économies, un projet familial et parfois l’espoir de transmettre un patrimoine aux générations futures. C’est pourquoi cette situation ne peut pas être réduite à une simple question de paperasse administrative. Lorsque des citoyens ont accompli les formalités demandées et qu’ils restent malgré tout bloqués au dernier stade de la procédure, le sentiment d’injustice devient inévitable.
Et lorsque, parallèlement, ils constatent que d’autres catégories semblent obtenir plus facilement les signatures administratives attendues, la frustration devient encore plus forte.
Quand le vide administratif favorise les occupations.
Le retard dans la mise en œuvre du PUD produit également des conséquences sur le terrain. Dans certaines zones correspondant aux anciens champs, des occupations et des installations sont signalées. Des espaces seraient morcelés, occupés ou proposés à la location, parfois pour des sommes modestes, alors même que les propriétaires et ayants droit restent dans l’attente de la régularisation de leur situation. Lorsque l’administration laisse un espace sans décision pendant trop longtemps, le terrain finit malheureusement par être occupé par d’autres. C’est ainsi que se développent progressivement les occupations irrégulières, les activités informelles et les situations difficiles à contrôler.
À terme, cette situation risque de provoquer des tensions entre les propriétaires, les ayants droit et les occupants. Une véritable bombe à retardement foncière. Nous devons avoir le courage de le dire : la situation actuelle constitue une bombe à retardement.
D’un côté, des populations qui revendiquent des droits sur ces terres et attendent depuis longtemps leur reconnaissance administrative. De l’autre, des personnes qui se sont installées progressivement sur les mêmes espaces et qui peuvent désormais considérer ces lieux comme leur cadre de vie ou leur source de revenus. Plus le temps passe, plus les intérêts deviennent difficiles à concilier. Attendre qu’un conflit éclate pour intervenir serait une grave erreur. L’administration doit agir avant que le problème foncier ne devienne un problème social. Le dossier des maraîchers ne peut pas être ignoré. La situation des maraîchers concernés par le PUD mérite également une clarification. Des exploitants auraient été indemnisés dans le cadre du projet. Pourtant, les opérations d’aménagement et de terrassement tardent toujours à démarrer. Depuis plus de deux ans, le manque ou l’indisponibilité du plan nécessaire à la poursuite des opérations serait invoqué comme motif de retard. Deux années d’attente soulèvent nécessairement des questions. Où se situe exactement le blocage ? Est-il administratif ? Technique ? Foncier ? Budgétaire ? Qui est responsable du retard ? Et surtout : quel est le calendrier réel de reprise des opérations ? Les populations ont le droit de connaître la vérité. Nous ne demandons pas des faveurs : nous demandons l’application des règles. Notre démarche n’est pas dirigée contre l’administration. Elle vise au contraire à demander à l’administration de jouer pleinement son rôle.
Nous demandons :
– la clarification immédiate du statut des approbations en attente ;
– une explication officielle sur les raisons du refus ou du retard de signature des dossiers concernés ;
– la publication d’un calendrier précis pour le traitement des dossiers du PUD ;
– l’assurance d’un traitement équitable entre tous les bénéficiaires ;
– la protection des droits des propriétaires et ayants droit ;
– la clarification du statut des personnes actuellement installées dans les zones concernées ;
– la reprise effective des opérations d’aménagement et de terrassement ;
– et l’ouverture d’un véritable dialogue entre les autorités et les populations.
La population attend des réponses. Monsieur le Directeur général des Domaines, cette interpellation n’est pas une attaque personnelle. Elle traduit une préoccupation collective. Si les dossiers de la population ne peuvent pas être signés aujourd’hui, dites-leur pourquoi. S’il existe des contraintes juridiques, expliquez-les. S’il existe des difficultés techniques, exposez-les. S’il existe des pièces manquantes, identifiez-les. Mais ne laissez pas les citoyens dans le silence et l’incertitude. Car lorsqu’un citoyen accomplit toutes les démarches qui lui sont imposées par l’administration, il est en droit d’attendre, en retour, une administration accessible, transparente et équitable. Guédiawaye mérite mieux. Je parle ici avec une conviction personnelle : Guédiawaye ne peut pas être condamnée à attendre indéfiniment la réalisation de projets qui engagent directement son avenir foncier et urbain. Notre ville a besoin d’ordre, de planification et de transparence.
Elle n’a pas besoin de zones laissées dans l’incertitude, d’occupations qui se multiplient ou de propriétaires qui se sentent abandonnés. L’État doit intervenir avant que les tensions ne deviennent incontrôlables. Le rôle de l’administration est précisément de prévenir les conflits, de sécuriser les droits et de garantir l’égalité des citoyens devant la règle. Le temps des explications est venu. Nous ne demandons ni privilège ni passe-droit. Nous demandons simplement que les mêmes règles soient appliquées à tous. Si certains dossiers peuvent être signés, pourquoi pas ceux de la population ? Si les dossiers de la population ne peuvent pas être signés, pourquoi ?
C’est à cette question que les citoyens de Guédiawaye attendent aujourd’hui une réponse claire.
Le dossier est désormais sur la place publique. La population attend des explications, des décisions et surtout des actes.
Car à Guédiawaye, le silence administratif ne doit pas devenir le prélude à une crise foncière. Il est encore temps d’agir. Mais le temps presse.
Cheikh Tourade Camara, conseiller Ville de Guédiawaye
