Dossier explosif des 111 licences de pêche: Les Cadres Jambaars réclament toute la lumière sur le scandale présumé
La Cellule stratégique des Cadres Jambaars hausse le ton dans l’affaire des 111 licences de pêche attribuées sous l’autorité de l’ancienne ministre Fatou Diouf. Dénonçant une décision aux conséquences potentiellement lourdes pour les ressources halieutiques nationales et les pêcheurs artisanaux, elle exige l’annulation des licences, l’ouverture d’enquêtes administratives et judiciaires ainsi qu’un audit complet des bénéficiaires.
Le dossier des 111 licences de pêche continue de susciter remous et interrogations. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, la Cellule stratégique des Cadres Jambaars a exprimé sa «profonde indignation» face à ce qu’elle considère comme une opération qui mérite des explications exhaustives au regard des enjeux économiques, sociaux et environnementaux qu’elle soulève.
Pour cette structure, l’attribution de ces licences intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par la raréfaction des ressources halieutiques, les difficultés croissantes rencontrées par les pêcheurs artisanaux et la flambée des prix du poisson sur le marché national.
Les Cadres Jambaars estiment que la simple publication de la liste des bénéficiaires ne saurait suffire à dissiper les soupçons. «La transparence ne se décrète pas après les faits», soutiennent-ils, appelant à examiner la légalité des procédures suivies, la pertinence économique des autorisations accordées ainsi que leur compatibilité avec les intérêts stratégiques du Sénégal.
Face à ce qu’ils qualifient d’enjeu majeur de souveraineté économique et alimentaire, les signataires du communiqué exigent l’annulation conservatoire immédiate des 111 licences incriminées. Ils réclament également l’ouverture d’une enquête approfondie par l’Inspection générale d’État (IGE) afin de faire toute la lumière sur les conditions d’octroi de ces autorisations.
La Cellule stratégique des Cadres Jambaars demande par ailleurs à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) de s’autosaisir du dossier afin de vérifier l’existence éventuelle de faits de corruption, de trafic d’influence ou de conflits d’intérêts. Elle plaide aussi pour une saisine de la justice afin que les responsabilités soient clairement établies.
Au-delà des institutions de contrôle, les Cadres Jambaars souhaitent voir les organisations professionnelles du secteur ainsi que les acteurs de la société civile associés au processus de clarification.
«Chaque licence doit être auditée. Chaque bénéficiaire doit être identifié. Chaque décision doit être justifiée. Chaque responsabilité doit être assumée», martèle le communiqué.
Cette nouvelle sortie relance un dossier déjà sensible et place désormais les autorités face à une forte demande d’explications sur une question qui touche directement à la gestion des ressources maritimes du pays. Pour les Cadres Jambaars, une certitude demeure : les richesses halieutiques du Sénégal constituent un patrimoine national qui ne peut souffrir d’aucune zone d’ombre.
«La mer appartient au peuple sénégalais, pas aux réseaux d’influence», conclut la structure, appelant à une transparence totale sur les conditions d’attribution des 111 licences de pêche.
Abdou Latif NDIAYE
