Motsepe en sapeur pompier? Une patate chaude entre les mains de la CAF
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, essaie par tous les moyens d’enrayer le feu qui couve sous le tapis herbacé du rectangle vert. En décidant d’effectuer des tournées au Sénégal et au Maroc, deux pays ouverts en conflit du fait d’une finale malheureuse qui a ébranlé la chaumière du football africain, la visite du patron de la CAF dans ces deux pays interroge.
D’abord le timing de la visite peut surprendre. Motsepe vient-il trop tard pour espérer obtenir un apaisement diplomatique ? Ou vient-il trop tôt, bien avant le verdict « définitif et sans appel » du Tribunal arbitral du sport (TAS), à la décision duquel il a affirmé vouloir se plier, insistant sur le fait que son opinion personnelle n’interviendrait pas dans le processus ?
Si son opinion personnelle est mise de côté, ce ne sont guère des argumentaires des deux parties que devrait discuter le boss de la CAF, tant les positions semblent, pour l’heure, inébranlables. En effet, entre position radicales et visite mystérieuse, on est bien tenté de se poser ces questions-là. Car la Fédération royale marocaine de football (FRMF) affirme disposer d’un dossier « complet et juridiquement solide » qui documente, selon elle, l’enclenchement de l’article 84 du code disciplinaire à la suite de la sortie temporaire du terrain, des footballeurs sénégalais lors de la finale du 18 janvier.
Dans le camp d’en face, la Fédération sénégalaise de football (FSF), ne demande rien de moins au TAS que l’annulation de la décision du 17 mars. Si elle a sollicité un délai supplémentaire pour déposer son mémoire, sa ligne de défense devrait être le nécessaire respect de l’autorité arbitrale in situ, qui n’avait pas sifflé, le jour J, la fin du match. Les joueurs marocains n’avaient-ils d’ailleurs pas accepté de jouer la suite de la rencontre après le retour des sénégalais des vestiaires ? Le Maroc affirme que ce n’était que pour éviter une sanction.
Cheikh Fantamady Keita
