1997–2026. Vingt-neuf ans après son rappel à Dieu, la voix de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh résonne encore dans la mémoire collective sénégalaise. À Fatick, une journée de prières lui sera consacrée ce 14 septembre 2026 à partir de 16 heures, à la mosquée de Darèl, près de Keur Serigne Touba. Un hommage placé sous le signe de la reconnaissance à celui qui fut bien plus qu’un guide religieux : un rassembleur, un médiateur et un inlassable artisan de paix.
Mame Dabakh demeure une figure singulière de l’histoire spirituelle et sociale du Sénégal. Par sa parole empreinte de sagesse, son humilité et son attachement aux plus vulnérables, il avait réussi à dépasser les frontières confrériques, politiques et sociales pour s’adresser à la conscience de toute une nation.
Le ciment social. C’est sans doute l’une des expressions qui résument le mieux son rôle dans la société sénégalaise. Dans les périodes de tensions politiques, sociales ou syndicales, sa voix constituait un repère. Il intervenait sans esprit partisan, avec cette neutralité bienveillante qui faisait de lui un interlocuteur écouté de tous.
Il n’appartenait à aucune faction. Il appartenait à la nation.
Généreux, humble et profondément attaché à l’humain, Mame Dabakh avait fait de sa demeure un espace ouvert aux petits comme aux grands, aux puissants comme aux démunis. Son engagement en faveur de la paix, du dialogue et de la solidarité dépassait largement le cadre religieux.
Un héritage toujours actuel
Défenseur du dialogue interreligieux et de l’unité des confréries, Mame Dabakh avait compris que la cohésion nationale se construit dans l’écoute, le respect et le rapprochement des cœurs. Son message de tolérance, de fraternité et de paix conserve, 29 ans après sa disparition, une étonnante actualité.
À Fatick, cet hommage prend ainsi une dimension particulière. Prier pour Mame Dabakh, c’est aussi se souvenir de l’homme qui consacra sa vie à rapprocher les Sénégalais.
Lui rendre hommage ne consiste donc pas seulement à commémorer sa disparition. C’est surtout faire vivre son héritage : cultiver la paix, préserver l’unité, tendre la main et placer l’intérêt de la nation au-dessus des divergences.
En cette journée du 14 septembre, Fatick prie pour celui qui fut, pour tant de Sénégalais, un bâtisseur de ponts, un régulateur social et une conscience nationale.
Que le Paradis des Élus de Dieu soit sa demeure éternelle. Amine.
Maguatte GUEYE
