DÉBAT SUR LES FONDS POLITIQUES — Le président du Club Sénégal Émergent, Youssou Diallo, apporte un éclairage technique sur la nature des ressources évoquées dans le débat autour de la Primature. Dans une contribution datée du 12 août 2026, il distingue notamment les fonds politiques du Président de la République des crédits budgétaires inscrits à la Primature.
Le débat sur l’existence de « fonds politiques » à la Primature continue de susciter des réactions et des lectures divergentes. Dans ce contexte, Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, apporte une contribution qu’il présente comme essentiellement technique, fondée sur la nomenclature budgétaire.
Selon lui, l’argent liquide qu’un directeur de cabinet du Président de la République ou qu’un Premier ministre pourrait recevoir après la perception d’un chèque du Trésor par le service compétent de la Présidence ne saurait être qualifié, « à proprement parler », de fonds politiques ou de fonds spéciaux.
Pour Youssou Diallo, il s’agirait plutôt de libéralités consenties par le chef de l’État à son directeur de cabinet ou à son Premier ministre sur ses propres fonds politiques. Une distinction qu’il juge importante dans la compréhension du débat : « Ce sont donc les fonds politiques du Président, et non ceux du DC du PR ou du PM », précise-t-il.
Aucune rubrique « fonds politiques » à la Primature
L’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye avait récemment soutenu qu’il n’existe pas de fonds politiques dans la nomenclature budgétaire de la Primature. Sur ce point précis, Youssou Diallo estime que cette lecture est fondée.
Il affirme qu’« même dans le budget 2026, il n’est inscrit nulle part “fonds politiques” ou “fonds spéciaux” » au niveau de la Primature.
Ainsi, selon cette approche strictement budgétaire, l’appellation « fonds politiques » ne correspondrait à aucune ligne budgétaire officiellement identifiée comme telle à la Primature.
Youssou Diallo reconnaît toutefois que l’expression peut avoir été utilisée dans le langage politique courant par d’anciens Premiers ministres. Mais, selon lui, cette utilisation relève davantage de la communication que de la terminologie budgétaire.
Les « Transferts courants » au cœur de la controverse
La contribution du président du Club Sénégal Émergent met ensuite l’accent sur une rubrique budgétaire intitulée « Transferts courants », qu’il estime dotée d’environ 8,5 milliards de FCFA dans le budget de la Primature.
Pour Youssou Diallo, cette enveloppe ne peut toutefois pas être assimilée automatiquement à des fonds politiques ou à des fonds spéciaux.
« Cette rubrique n’est ni un fonds politique ni un fonds spécial », soutient-il.
C’est précisément sur ce point que se situe, selon lui, l’enjeu du débat actuel. Si les « Transferts courants » constituent la rubrique à laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko fait référence lorsqu’il parle de « fonds politiques », alors cette appellation pourrait se comprendre dans un registre politique, mais pas dans une lecture strictement budgétaire.
Une clarification au-delà de la polémique politique
À travers cette contribution, Youssou Diallo entend donc introduire une distinction entre le vocabulaire politique et la réalité de la nomenclature budgétaire.
Son propos ne porte pas uniquement sur l’existence ou non de ressources discrétionnaires, mais sur la manière de les qualifier juridiquement et budgétairement. Une nuance qui pourrait peser dans le débat, alors que la question des « fonds politiques » est devenue un sujet de confrontation entre acteurs politiques, notamment autour de la gestion des ressources de la Primature.
En définitive, le président du Club Sénégal Émergent invite à ne pas confondre les appellations utilisées dans le débat public avec les catégories officiellement retenues dans les documents budgétaires.
Une contribution qui apporte ainsi une nouvelle dimension à une polémique désormais installée au cœur du débat politique national.
Synthèse de Abdou Latif NDIAYE
