Situation du pays: Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir de «trahison nationale» et annonce une saisine de la CPI  

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BOUGANE GUEYE DANY

Dans une déclaration liminaire au ton frontal, le Directoire stratégique des Cadres Jambaars du mouvement Gueum Sa Bopp, dirigé par Bougane Guèye Dany, a dressé un réquisitoire sévère contre le tandem exécutif formé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Agriculture, crise universitaire, gouvernance politique et ambiguïtés idéologiques : le mouvement promet de porter le combat sur les terrains judiciaire, institutionnel et moral.

 Une «rupture» jugée introuvable

 «De la rupture proclamée à la trahison nationale.» D’emblée, le ton est donné. Les Cadres Jambaars estiment que le parti au pouvoir, PASTEF, a substitué «la communication à l’action» depuis son accession aux responsabilités.

Au cœur des critiques : la campagne agricole. Retards dans la mise à disposition des intrants, défaillances logistiques, incertitudes sur la commercialisation des récoltes.

 Selon Gueum Sa Bopp, les filières arachide, mil et maïs paient «une mauvaise gouvernance» plutôt qu’une mauvaise saison.

«La terre ne répond pas aux slogans», martèle le communiqué, qui accuse l’exécutif d’avoir transformé la souveraineté alimentaire en «angle mort» de son action.

 Mort d’Abdoulaye Ba : cap sur la CPI

 Le mouvement consacre une large part de sa déclaration à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue dans un contexte de tensions universitaires. Il réclame que les responsabilités soient établies et vise directement le chef du gouvernement.

L’installation annoncée d’un commissariat à l’Université Cheikh Anta Diop est présentée comme le symbole d’une «réponse par la force» à la contestation estudiantine.

 Gueum Sa Bopp annonce :

 • Une saisine de la Cour pénale internationale pour des faits qualifiés de «traitements inhumains et dégradants» ;

 • La mobilisation d’organisations internationales de défense des droits humains ;

 • Une campagne d’interpellation politique sur les responsabilités au sommet de l’État.

Ambiguïtés politiques et offensive idéologique

 Autre angle d’attaque : les positions du Premier ministre sur la criminalisation de l’homosexualité. Le mouvement dénonce un «revirement» et s’interroge sur le passage d’un discours en faveur d’une criminalisation ferme à un simple durcissement des peines.

Silence également pointé sur la proposition de loi portée par le collectif And Samm Jikko Yi. Les Cadres Jambaars annoncent une tournée auprès des foyers religieux signataires de la charte soutenant cette initiative, afin de « clarifier » ce qu’ils qualifient de contradiction souverainiste.

 Une responsabilité «indivisible»

 Le communiqué insiste sur le caractère solidaire de l’exercice du pouvoir. Le président de la République et son Premier ministre sont, selon le mouvement, comptables ensemble des «échecs agricoles», des «universitaires», de la «perte de confiance des bailleurs » et de la « dégringolade des indicateurs».

 En conclusion, Gueum Sa Bopp promet de faire du «temps des preuves» un temps d’affrontement politique structuré, affirmant que « chaque promesse non tenue est une preuve » et que « le peuple mérite la vérité ».

À l’heure où le climat politique demeure tendu, cette sortie marque une nouvelle montée en intensité du débat public.

 

Abdou Latif NDIAYE 

 

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