Sénégal: Le FDR sonne l’alerte à 36 mois de la présidentielle de 2029
Dakar, 18 décembre 2025 – À une dizaine de jours de la fin d’une année que certains jugent décisive pour l’avenir du pays, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a tenu une conférence de presse solennelle ce jeudi. Cette coalition d’opposition a dressé un bilan sévère de la gouvernance du régime PASTEF, arrivé au pouvoir il y a presque deux ans, et lance un appel vibrant à la mobilisation générale face à ce qu’elle qualifie de crise multidimensionnelle menaçant la stabilité du Sénégal.
Le FDR s’est montré sans concession envers le gouvernement, affirmant que les promesses de progrès économique sont restées lettre morte. La question du développement économique se pose avec acuité : hausse préoccupante des importations alimentaires, démarrage laborieux de la campagne arachidière, absence de solutions face aux factures impayées des entreprises et aux bourses étudiantes non versées.
Le collectif dénonce également « la discrétion surprenante » sur la note de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) concernant le rebasing 2021, événement capital dans la compréhension de la situation financière nationale.
Les conditions de vie des populations ne s’améliorent pas, au contraire : le coût de la vie reste élevé, notamment pour les carburants et les services publics essentiels comme l’énergie et les transports. Alors que le prix du baril de pétrole a chuté à un niveau significatif depuis 2024, les citoyens sénégalais subissent toujours des tarifs supérieurs à ceux de certains voisins comme la Côte d’Ivoire.
Le FDR pointe aussi une politique fiscale injuste avec la suspension des bourses de sécurité familiale et l’imposition de nouvelles taxes sur le mobile money affectant les plus vulnérables.
Sur le plan politique, l’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice. Malgré des décisions favorables à des détenus politiques, le gouvernement retarde leurs libérations et impose des restrictions sur leurs libertés.
Par ailleurs, derrière les portes closes, un « combat » larvé oppose des factions au sommet de l’État, notamment autour de la candidature du président PASTEF à la présidentielle de 2029. Le Front estime que ces luttes intestines discréditent l’institution parlementaire et fragilisent la stabilité politique.
Face à ce constat alarmant, le FDR appelle toutes les forces vives du pays – partis politiques, syndicats, organisations patronales, autorités religieuses et coutumières – à s’unir pour éviter la dégénérescence de la crise en cours.
Le mouvement entamera dans les jours à venir une tournée de sensibilisation à travers le Sénégal, avec des rencontres dans les régions de Thiès, Diourbel et Dakar, ainsi que l’installation de commissions jeunes et femmes. Deux grands meetings sont prévus au premier semestre 2026, en pleine année préélectorale.
Le Front promet également de plaider pour un dialogue national approfondi, notamment sur l’état préoccupant du système éducatif, la démocratie et les libertés fondamentales.
Malgré un constat sombre, le FDR affiche une ambition claire : faire de 2026 « une année de paix, de concorde nationale, de justice et de progrès ». Il appelle à la fin des poursuites politiques et à la libération sans condition des prisonniers politiques, afin de redorer le blason du Sénégal sur la scène internationale.
À quelques mois des municipales et départementales, le Front exhorte les Sénégalais à s’inscrire massivement sur les listes électorales et à préparer leur expression démocratique.
Cette conférence de presse marque une étape importante pour le FDR, illustrant la tension croissante entre le gouvernement en place et une opposition qui se veut désormais un acteur incontournable dans le débat sur l’avenir du pays. La tournure de la crise sénégalaise et les réponses apportées dans les prochains mois seront déterminantes pour la stabilité démocratique du pays.
Abdou Thiam Dogo
