Relance du réseau ferroviaire : le Sénégal mise sur le train pour accélérer sa transformation économique
Aujourd’hui, l’option prise par l’État de faire du chemin de fer le moteur d’un développement durable est une réalité. Cette volonté du gouvernement, en cohérence avec la vision politique inscrite dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, est en passe de se matérialiser sous l’impulsion du ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé. Son cap pour la redynamisation du secteur ferroviaire épouse pleinement les orientations stratégiques actuelles de l’État.
Le Sénégal regorge d’importantes potentialités minières susceptibles de soutenir une croissance économique forte et partagée. Dans un contexte où le réseau ferroviaire est longtemps resté peu valorisé, la vision des nouvelles autorités, qui militent pour un développement dynamique du transport ferroviaire à travers la relance du chemin de fer, se justifie par l’ambition de dynamiser les pôles territoriaux.
Ce regain d’intérêt traduit la pleine mesure des enjeux par les autorités actuelles, avec une vision réaliste du développement du réseau ferroviaire à l’échelle du territoire national. L’objectif est d’offrir au pays une meilleure alternative pour l’exploitation des ressources minières et énergétiques, notamment le basalte, le phosphate, le fer, la bauxite, le manganèse et le zircon.
Hormis le phosphate de Thiès, la plupart de ces ressources restent encore sous-exploitées, en raison notamment du déficit de voies ferrées adaptées au transport massif de marchandises. Dans ce contexte, le projet de relance du secteur ferroviaire porté par le ministre Yankoba Diémé apparaît d’autant plus stratégique qu’un investisseur qui s’installe dans un pays s’intéresse d’abord à la qualité de ses infrastructures de mobilité et de logistique.
L’histoire économique montre d’ailleurs que de nombreux pays se sont développés grâce au chemin de fer. C’est notamment le cas des États-Unis avec la conquête du Far West, de la France où le réseau ferroviaire interconnecte l’ensemble des régions, mais aussi du Maroc et de l’Afrique du Sud.
Aujourd’hui, l’État du Sénégal a retenu la relance et le développement des chemins de fer comme levier pour interconnecter les pôles territoriaux et mieux valoriser les potentialités économiques du pays.
En parfaite cohérence avec l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, le ministère des Transports terrestres et aériens s’est engagé dans la construction de 2 000 km de lignes ferroviaires, un défi ambitieux qui passe notamment par la relance du trafic sur les lignes traditionnelles et la réhabilitation de la voie métrique Dakar-Tambacounda.
Concernant le transport de voyageurs, le train Touba-Mbacké-Ngabou (TMN), déjà mis en circulation, permet aujourd’hui de faciliter les déplacements des élèves et des populations de cette importante agglomération.
Sur le volet fret, la réhabilitation s’est traduite par le confortement de la voie, la construction d’une plateforme logistique à Tambacounda et la réhabilitation de plusieurs gares.
Lors de sa dernière tournée économique à Tambacounda, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a donné des directives en vue d’un appui conséquent à la Société des Chemins de fer du Sénégal afin d’assurer la finalisation des travaux et permettre une reprise rapide du trafic.
Modernisation du réseau
À l’image des standards internationaux, le Sénégal a fait le choix stratégique de développer son futur réseau ferroviaire à écartement standard, afin de renforcer la compétitivité de sa logistique ferroviaire, d’augmenter le volume de fret transporté et de moderniser le transport de voyageurs.
Cette orientation explique notamment le projet de construction de la ligne Dakar-Tambacounda à écartement standard ainsi que l’extension du Train Express Régional vers Thiès.
Une fois réalisées, ces infrastructures permettront de soulager considérablement le réseau routier, de réduire les coûts d’entretien des routes et de contribuer à la baisse des accidents de la circulation, estimés à environ 850 morts par an.
Sur l’axe Dakar-Tambacounda, l’objectif est également de connecter les ports de Dakar, de Bargny et de Ndayane afin de renforcer la compétitivité portuaire face à des plateformes majeures du continent comme celles de Tanger, d’Abidjan, de Lomé ou encore de Tema.
Le Sénégal doit aujourd’hui plus que jamais développer sa logistique ferroviaire afin de répondre aux défis de compétitivité dans la sous-région, tout en profitant des opportunités offertes par l’intégration économique et la zone de libre-échange africaine.
Avec l’urbanisation rapide et la forte croissance démographique des villes, ces nouvelles lignes permettront également d’améliorer la mobilité des populations.
À titre d’illustration, le TER est conçu pour relier les grandes agglomérations à une vitesse pouvant atteindre 160 km/h. Avec la pression démographique sur Dakar, les populations pourraient ainsi habiter dans des villes périphériques tout en continuant à travailler dans la capitale.
Inversement, les travailleurs pourront également quitter Dakar pour exercer leurs activités dans les pôles territoriaux avant d’y revenir le soir. Ce dynamisme en matière de mobilité jouera un rôle déterminant dans la transformation économique du pays, notamment avec les investissements attendus dans les pôles territoriaux et les agropoles, véritables plateformes industrielles et agricoles destinées à soutenir un développement équilibré des territoires.
B. Kant
