Rapport d’exécution budgétaire deuxième trimestre 2025: L’Etat privé d’une ressource à impact rapide

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Un appui budgétaire estimé à zéro FCFA entre janvier et juin 2025 (premier semestre de l’année en cours), tel est le constat alarmant noté dans le rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025, publié dimanche 17 août sur le site du Ministère des Finances et du Budget du Sénégal.
Dans ledit rapport, il est indiqué dans la rubrique dédiée aux lignes budgétaires sous forme de dons que seulement 19,3 milliards de FCFA ont été mobilisés pour les dons en capital (projets) durant la période susmentionnée, soit 8,0 % de l’objectif annuel de 241,6 milliards. “Cette mobilisation particulièrement faible constitue un point critique dans l’exécution budgétaire et la mobilisation des financements extérieurs”, lit-on dans le rapport. En effet, pour atteindre la cible annuelle de 241,6 milliards, il faudrait 222,3 milliards supplémentaires au second semestre, soit un rythme de rattrapage très ambitieux.
Cependant, la léthargie notée dans la ligne budgétaire dédiée aux dons de soutien appelés encore “appuis trésors” laisse sceptique plus d’un. Il s’agit d’une mobilisation plus que catastrophique, zéro FCFA mobilisé dans cette rubrique durant les six premiers mois de l’exercice 2025. Une absence financière qui va priver le trésor d’une ressource à impact rapide, pouvant provoquer des effets immédiats notamment une tension de trésorerie accrue car les dons d’appuis budgétaires sont des liquidités non remboursables, disponibles rapidement pour couvrir des dépenses récurrentes et des obligations immédiates (salaires, subventions, transferts sociaux, paiements fournisseurs). Leur absence crée un déficit de liquidité qui force le trésor à recourir à des solutions de substitution coûteuse en l’occurrence l’endettement. L’Etat pour combler le gap va s’endetter avec des emprunts domestiques, concessionnels ou non- concessionnels.
Cette absence de mobilisation de dons de soutien budgétaire laissera entrevoir des conséquences sur le moyen terme avec notamment le remplacement d’aides non remboursables par des emprunts, pouvant augmenter le ratio dette/PIB et alimenter des primes de risque avec plus d’intérêts et moins de dons. Ceci impactera drastiquement les dépenses sociales, éducatives et de santé ainsi que la soutenabilité de la dette du Sénégal qui est déjà sur la courbe ascendante avec des accumulations d’emprunts et la dégradation substantielle de sa note.


Ablaye Modou Ndiaye, correspondant à Paris

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