Portrait: Étienne SARR, l’étoile discrète de Fadial
À Fadial, dans la commune de Nguéniène, son nom revient avec constance dans les discussions de place publique. Administrateur civil chevronné, ancien député et haut cadre de l’administration, Étienne Sarr incarne, pour beaucoup, l’exemple d’un parcours bâti sur la rigueur, la compétence et la fidélité à ses racines.

Un socle académique solide
Breveté de la prestigieuse École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), option administration générale (1980-1982), Étienne Sarr fait partie de cette génération de hauts fonctionnaires formés pour servir l’État au plus haut niveau. Bien avant cela, l’enfant de Fadial décroche son baccalauréat série D au Lycée Malick Sy, avant d’obtenir une maîtrise ès sciences économiques, option gestion des entreprises, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
Ce socle académique ouvre la voie à une carrière administrative dense et progressive.
Une ascension au cœur de l’État
Dès 1982, il entame une trajectoire marquée par des responsabilités stratégiques : conseiller technique en ressources humaines et en organisation au ministère du Développement rural, puis chargé des relations internationales et du bureau du Développement rural.
Entre 1986 et 1988, il occupe successivement les fonctions de conseiller technique au ministère de la Fonction publique et du Travail, puis au ministère de l’Intérieur, avant d’être nommé directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur (1988-1990). Il poursuit son ascension comme conseiller technique chargé de l’administration territoriale au Secrétariat général de la Présidence de la République (1990-1991).
De 1991 à 1993, il est directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, puis dirige l’Unité de coordination des projets du même département (1993-2000). En 2007, il est mis à la disposition du ministère de l’Éducation nationale, après avoir siégé à l’Assemblée nationale comme député de 2001 à 2007.
En 2012, il est nommé secrétaire général de l’Université de Thiès, avant de devenir, de 2013 à 2015, Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de l’Éducation nationale.
Une ouverture internationale
Le parcours d’Étienne Sarr est également jalonné de formations et séminaires à l’international : cours d’anglais à Londres (1988), stage en planification et contrôle de projet à Montréal (1994), participation à un séminaire de la Banque mondiale sur les déboursements à Abidjan (1994), puis programme international d’échange et de perfectionnement sur les grands projets à Montréal (1995).
Autant d’expériences qui renforcent son expertise en gestion publique et en pilotage de projets structurants.
Héritage politique et fidélité locale
Compagnon de feu OTD, figure historique de Nguéniène et cadre du Parti socialiste, Étienne Sarr est souvent cité parmi les héritiers d’une tradition politique marquée par l’engagement et la discipline partisane. À l’image de grandes figures originaires de la commune — Nicolas Ndiaye, Ami Diom, Thérèse Ndao, Yakou Diouf, Paul Diène Faye, MC Bara, Diamé Sarr ou Hamat Seck — il demeure un repère pour la jeunesse locale.
Mais le paysage politique de Nguéniène évolue. L’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs, managers et dirigeants d’entreprises, rebat les cartes. L’actuel maire Alpha Samb et Bougar Diouf de Ndianda incarnent cette dynamique tournée vers “les actes plutôt que les discours”, privilégiant souvent les mouvements citoyens à l’ancrage partisan traditionnel.
Quel rôle demain ?
Dans ce contexte de recomposition locale, une question revient avec insistance dans les 24 villages de la commune : Étienne Sarr répondra-t-il à l’appel ?
Homme d’expérience, fin connaisseur des rouages de l’État, respecté dans son fief, il reste une figure dont la parole et les choix pourraient compter dans les équilibres à venir.
À Fadial, une chose est sûre : l’étoile d’Étienne Sarr continue de scintiller. Reste à savoir si elle brillera à nouveau au premier plan de la scène politique locale.
Yamar NDIAYE
