Polémique autour des conventions minières et des avantages fiscaux: Les cimenteries montent au créneau et défendent leurs investissements
Face aux débats sur les conventions minières et les supposés avantages accordés au secteur, les principales industries cimentières installées au Sénégal publient un communiqué conjoint pour défendre leur contribution à l’économie nationale. Elles mettent en avant plus de 600 milliards de FCFA d’investissements récents, plus de 10 000 emplois générés et appellent à un dialogue apaisé avec l’État afin de préserver l’attractivité industrielle du pays.

Les principales industries cimentières opérant au Sénégal sont sorties de leur réserve. Dans un communiqué conjoint rendu public ce 13 mars à Dakar, les sociétés SOCOCIM Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal ont tenu à apporter des clarifications dans un contexte marqué par un débat public autour des conventions minières et des avantages fiscaux accordés aux industriels.
Les cimentiers rappellent d’emblée que le secteur évolue depuis près de deux ans dans un environnement économique difficile, marqué par un ralentissement notable des activités dans le bâtiment et les travaux publics (BTP). Cette contraction de la demande affecte l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction, dont les cimenteries constituent un maillon stratégique.
Malgré ce contexte, les industriels affirment avoir poursuivi leurs efforts d’investissement. Selon eux, plus de 600 milliards de FCFA ont été injectés dans le secteur au cours des cinq dernières années pour renforcer les capacités industrielles et accompagner la dynamique de modernisation du pays. Ces investissements, soutiennent-ils, ont été réalisés sur la base de conventions signées avec l’État dans un cadre légal conforme aux politiques d’industrialisation et d’attractivité économique du Sénégal.
Les cimenteries insistent également sur leur contribution à l’économie nationale. Outre leur rôle central dans la réalisation d’infrastructures majeures — routes, logements, écoles, hôpitaux ou équipements publics — elles affirment générer plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs du transport, de la distribution et de la construction.
S’agissant des chiffres évoqués dans le débat public sur un éventuel manque à gagner pour l’État, les industriels rappellent que les mécanismes fiscaux concernés résultent de dispositifs incitatifs accordés par les pouvoirs publics eux-mêmes pour encourager l’implantation de grands projets industriels. Ces mesures, soulignent-ils, relèvent de pratiques classiques de politique économique visant à attirer les investissements et accélérer l’industrialisation.
Par ailleurs, les entreprises indiquent que leurs conventions ont récemment fait l’objet d’audits. Elles assurent avoir pleinement coopéré avec les autorités compétentes en fournissant toutes les informations nécessaires. Toutefois, précisent-elles, les rapports finaux de ces audits n’ont pas encore été officiellement rendus publics, appelant ainsi à ce que les conclusions soient présentées dans un cadre officiel afin d’éviter toute interprétation hâtive.
Dans un contexte international marqué par la hausse des coûts de l’énergie, du transport et des intrants industriels, les cimentiers mettent également en garde contre les pressions croissantes sur leurs coûts de production. Selon eux, toute instabilité dans l’environnement économique pourrait avoir des répercussions sur les prix et sur la dynamique d’investissement dans le secteur.
Tout en réaffirmant leur confiance dans les institutions du pays, les industries cimentières disent rester ouvertes au dialogue avec les autorités et l’opinion publique. Elles se présentent comme des acteurs majeurs de la croissance, engagés dans la création d’emplois, le soutien aux communautés locales et la construction des infrastructures indispensables au développement du Sénégal.
Abdou Latif NDIAYE
