Le pouvoir de la revanche: Un piège pour les vainqueurs d’aujourd’hui

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Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté, ce lundi, la résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, visant à traduire l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Un geste politique qui révèle, au-delà du débat juridique, une tendance inquiétante : la tentation de la revanche au sommet de l’État. Et l’histoire nous l’enseigne : qui tue par l’épée mourra par l’épée.

Une décision symbolique, un climat tendu

En rejetant la résolution du député Guy Marius Sagna, le Bureau de l’Assemblée nationale a choisi la voie de la prudence politique. Mais, derrière cette décision, se cache une réalité plus profonde : le climat de revanche et de suspicion qui empoisonne la vie publique, depuis des mois.
Au lieu de tourner la page, certains semblent vouloir l’arracher. Les anciens doivent être jugés, les proches d’hier écartés, et les voix dissidentes, muselées.
Dans cette optique, ce n’est plus la justice qui guide le débat, mais, la rancune.

La République n’est pas un champ de bataille

La justice ne peut pas être un instrument au service des vainqueurs du moment. Elle doit servir la vérité, pas la vengeance.
L’attitude revancharde qui s’installe aujourd’hui risque d’affaiblir la crédibilité même du pouvoir en place. Gouverner, ce n’est pas régler des comptes ; c’est construire des ponts.
À force de vouloir punir le passé, on finit par hypothéquer l’avenir.
Et dans ce jeu dangereux, le peuple finit, toujours, par se détourner de ceux qui transforment la République…. en ring politique.

Un avertissement à méditer

Les acteurs du pouvoir actuel gagneraient à méditer cette leçon universelle : « qui tue par l’épée, moura par l’épée ».
La roue du pouvoir tourne vite, et ceux qui s’abritent, aujourd’hui, derrière leur majorité, pourraient, demain, subir le même sort. Et ce serait un éternel recommencement. Jusqu’à quand?
La grandeur politique ne réside pas dans la revanche, mais, dans la capacité à pardonner sans oublier, à corriger sans détruire.
Le Sénégal a besoin de justice, pas de vengeance. De vérité, pas de règlements de comptes.
Si le pouvoir veut, vraiment, incarner la rupture, il devra rompre, avant tout, avec la politique de la rancune. Heureusement que le Président de la République Bassirou Diomaye Faye l’a compris et l’a dit clairement.

La rupture, ou la répétition

Ce rejet de la résolution Guy Marius Sagna restera, peut-être, un épisode parmi d’autres, mais, il symbolise un choix : celui d’une politique qui regarde en arrière, au lieu d’aller de l’avant.
Et si le nouveau pouvoir veut marquer l’histoire autrement que par la revanche, le règlement de comptes ou la chasse aux sorcières, il devra apprendre à gouverner, non contre les autres, mais, pour tous.
Car, comme le rappelle la sagesse populaire, « celui qui vit par la force de l’équilibre, finit, toujours, par périr par l’équilibre de la force ». Et dans son supplice, il a tendance à secouer la paix et la stabilité.

Babou Birame FAYE

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