Le FDR sonne l’alarme et appelle à une mobilisation nationale après les violences à l’UCAD
Réuni en conférence de presse ce mardi 10 février 2026 à Dakar, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a livré une déclaration liminaire particulièrement grave. Entre deuil national après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, dénonciation d’une gouvernance jugée chaotique et appel à une mobilisation populaire dès le 16 février, l’opposition dresse un réquisitoire sévère contre le régime en place.
La conférence de presse du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), tenue ce mardi 10 février 2026, s’est ouverte dans un climat de profonde émotion. Prévue de longue date, la rencontre a été marquée par les violents affrontements survenus la veille à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui ont coûté la vie à l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba et fait de nombreux blessés.
Dans une déclaration solennelle, le FDR a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de « violence inouïe » exercée contre des étudiants dont le seul tort, selon lui, est de réclamer le paiement de leurs bourses afin de poursuivre leurs études dans des conditions décentes. Le Front s’est incliné devant la mémoire de la victime et a présenté ses condoléances à la famille endeuillée, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la nation sénégalaise, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.
Condamnant sans réserve l’intervention des forces de défense et de sécurité dans l’espace universitaire, le FDR a exigé que « toutes les responsabilités, sans exception », soient situées, annonçant qu’il reviendrait plus en détail sur cette affaire dans les prochains jours.
Au-delà de ce drame, le Front a dressé un tableau sombre de la situation nationale, évoquant une crise économique et sociale profonde. Il accuse le gouvernement d’incompétence, d’absence de vision économique et d’avoir plongé le pays dans un « gouffre sans fond » marqué par une pression fiscale jugée excessive, un endettement préoccupant et une précarisation croissante des travailleurs. Selon le FDR, les secteurs stratégiques comme les mines et le BTP sont à l’arrêt, aggravant le chômage et la paupérisation, tandis que les paysans seraient contraints de brader leurs récoltes dans l’indifférence des autorités.
La remise en cause des bourses d’études a également été dénoncée comme un « coup de poignard » porté à la jeunesse et aux acquis des luttes estudiantines. Sur le plan sécuritaire et institutionnel, le FDR a exprimé de vives inquiétudes après les récentes attaques informatiques visant des structures étatiques, notamment la DGID et la DAF. Le Front réclame la mise en place immédiate d’une commission d’enquête inclusive, associant partis politiques, société civile, Commission des données personnelles (CDP) et Commission électorale nationale autonome (CENA), afin d’évaluer les failles de sécurité et leurs conséquences sur les processus électoraux et l’identification des citoyens.
Le FDR a également pointé du doigt l’accord conclu avec Starlink, dénonçant une opacité préoccupante et des risques sérieux pour la souveraineté numérique du Sénégal. Il exige une transparence totale sur les termes de cet accord, s’interrogeant notamment sur sa viabilité pour les populations rurales déjà vulnérables.
Sur le terrain politique et judiciaire, le Front accuse le pouvoir d’organiser un « chaos institutionnel », d’attaquer l’indépendance de la justice et de mener un acharnement contre les opposants, les journalistes et les leaders d’opinion. Le cas du député Farba Ngom est cité comme emblématique de ce que le FDR considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Face à ce qu’il décrit comme un mal-être généralisé au sein de la population, le FDR estime que « l’heure n’est plus à la simple dénonciation ». Il appelle à une résistance concrète et à la jonction de toutes les luttes sectorielles dans un vaste mouvement populaire.
À cet effet, le Front lance un appel à une mobilisation massive le 16 février prochain devant l’Assemblée nationale pour dire non à l’acharnement judiciaire et défendre les libertés publiques. Cette action, préviennent ses responsables, ne sera qu’un début d’une série de mobilisations jusqu’à la restauration de la justice et le redressement de la trajectoire nationale.
« Il faut sauver le Sénégal, sa démocratie, ses libertés et son avenir », a conclu le FDR, estimant qu’il est désormais tard et que le peuple sénégalais doit se lever pour reprendre son destin en main.
Dakar, février 2026
Abdou Latif NDIAYE
