Keur Samba Gueye: Un immense potentiel agricole et maraîcher à exploiter
Keur Samba Gueye: Dans cette commune, il existe un important potentiel de terres cultivables pour une agriculture intensive.
« Ici, nous disposons de beaucoup d’espaces aptes aux cultures de l’arachide, du mil, du maïs, du sorgho, entre autres spéculations comme le riz pour lequel près de 960 ha sont disponibles dans les deux communes de Keur Samba Gueye et de Toubacouta et pour le maraîchage », nous décrit, Mr Abdoulaye Ndiaye, le maire de la ville qui nous a plongé dans cet environnement que nous avons visité mardi dernier 24 juin 2025.
Dans cette commune de l’arrondissement de Toubacouta considérée comme le poumon économique du département de Foundiougne et de la région de Fatick, nous avons visité les villages de Keur Saloly Bouya, Ndiop Keur Omar Sarr et Passy Ndenderleng, où plusieurs hectares y ont été aménagés pour inciter les populations à s’investir dans l’agriculture et le maraîchage.
32 ha pour le maraîchage et l’arboriculture fruitière à Keur Saloly Bouya
Dans ce village, première étape de notre visite, un investissement de plus de 250 millions de FCFA y a été injecté dans un espace de 32 ha. Ceci, dans le cadre d’un projet qui avait été élaboré et mis en œuvre pour secourir les villageois de cette localité et qui étaient très démunis.
« En effet, n’importe qui savait que dans ce village, les habitants avaient un problème de survie faute de nourriture. Ce qui avait nécessité une enquête sociologue pour mieux comprendre le phénomène afin de pouvoir proposer des solutions », a souligné le Maire Abdoulaye Ndiaye.
Ainsi, l’étude a effectivement confirmé cette problématique de survie faute de soudure. « En réalité à cette époque, les populations de la zone particulièrement du village de Keur Saloly Bouya, ne disposaient pas d’assez de récoltes de mil, le riz n’en parlons pas car cette spéculation n’était pas encore réglementée. Mais, pour l’arachide et le mil, les rendements étaient acceptables. Toutefois, certains paysans préféraient vendre l’engrais pour pouvoir acheter du riz et nourrir leur famille », nous a indiqué Mr Abdoulaye Ndiaye.
Pour dire que cette étude avait motivé les autorités municipales à entamer la recherche de partenaires en même temps que des consultants et autres techniciens. C’est ainsi, a fait remarquer le maire de Keur Samba Gueye, « qu’une prospection dans les assiettes foncières a été effectuée en collaboration avec les techniciens, permettant de constater qu’il était possible de cultiver du riz dans le village de Keur Saloly Bouya. Ce qui a fini par aboutir dans un premier temps à l’exploitation rizicole et ses aménagements après un appel à projet dont il fallait assurer à terme la pérennisation. Ce qui a permis de bénéficier d’un nouveau projet d’exploitation maraîchère financé à hauteur de 250 millions de manière globale ».
Divergence dans l’action du comité de gestion
Pour autant, il faut noter qu’à l’intérieur des périmètres étaient nées des divisions au sein des bénéficiaires ce qui a fini par compromettre le projet. Il a fallu alors recourir à la mise en place d’un comité de gestion du périmètre mais qui n’était pas en mesure de respecter les clauses de gestion interne.
Par exemple, explique le Maire Abdoulaye Ndiaye, « toute personne ayant eu à bénéficier d’un périmètre devait cotiser pour que les factures d’eau du forage puissent être réglées en tenant compte du prix qui était à 105 FCFA le mètre cube (M3) ».
Mais, ajoute le Maire de Keur Samba Gueye, « les membres ont commencé à récolter leurs productions sans se soucier des réserves qu’ils devaient prévoir pour parer à d’éventuelles ruptures de stocks. Et, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, beaucoup de familles sont passées dans l’ère de la modernité avec des bâtiments en dur en lieu et place des cases en paille. Ce qui semble avoir mené à l’échec pure et simple la gestion du périmètre. Donc, un problème réel qui perdure depuis lors. Nous pensons de ce point de vue qu’il faille retourner à la case départ ce qui est du domaine du possible en développant d’autres alternatives et pouvoir amorcer une relance des activités dès lors que les habitants du village de Keur Saloly Bouya ont accumulé une certaine expérience.
Et, surtout que maintenant l’espace est devenu une propriété de la collectivité territoriale à qui il appartient aussi d’aller chercher un partenaire qui pourrait au moins travailler avec les populations tout en ayant l’espoir que l’État et ses nouvelles autorités puissent s’y impliquer.
Cultiver l’esprit d’ouverture et de compréhension
Mais, il faudrait selon le Maire de la commune de Keur Samba Gueye, « que les populations puissent à travers leur compréhension, s’unir, s’entendre sur l’essentiel et essayer de voir comment faire pour relancer les exploitations en adoptant une culture d’esprit d’ouverture et de compréhension ».
C’est tout le sens d’ailleurs de la visite à laquelle nous avait convié le Maire Abdoulaye Ndiaye. Un prétexte pour tout simplement alerter ou même informer l’opinion, l’État et les partenaires financiers et autres personnes qui étaient bénéficiaires de ces retombées. Afin que chacun en ce qui le concerne puisse revoir l’attitude à adopter par rapport au périmètre de 32 hectares ».
La reprise de travaux agricoles et maraîchers sur ce périmètre est en tout cas très souhaitée par les habitants du village de Keur Saloly Bouya qui y produisaient des fruits comme la papaye et la banane mais aussi le maraîchage y était très présent. Lamine Touré, Aly Guèye, Abdoulaye Ndiaye le chef de village mais également Katim Touré tous ces gens ne rêvent aujourd’hui que de la reprise des travaux agricoles et maraîchers.
Un privé à la rescousse sur 20ha
A ce titre, cette reprise tant souhaitée des activités a été confiée à un privé pour l’exploitation de 20 ha sur les 32 ha disponibles. Selon le Maire de la commune de Keur Samba Gueye. « ce privé était venu me voir pour me faire savoir qu’il dispose de l’argent pour financer son agriculture. Mais faute d’espace, il n’est pas pour le moment dans les conditions. Et, en présence du Chef du village, je lui avais proposé une forme de travail qu’il a accepté et liée à la réhabilitation de tout ce qui n’est pas dans le périmètre ».
Par la suite, ajoute le Maire Abdoulaye Ndiaye, « vu que ses dépenses avaient atteint un certain niveau, nous lui avons octroyé 20 hectares, pour lui permettre d’exploiter et de pouvoir amortir ses dépenses d’investissement. Et, les 12 hectares qui restent vont revenir au village pour inciter les habitants qui le désirent à reprendre leurs activités.Mais, en formulant une demande à adresser au Maire de la commune qui a la prérogative de délibération foncière et en plus de respecter les conditions du privé à qui nous n’avons pas vendu l’espace mais le lui avons cédé provisoirement ».
Dans d’autres villages comme à Ndiop Keur Omar Sarr et Passy Ndenderleng, le maraîchage et la riziculture occupent une place de choix. Pour le cas de Ndiop Keur Omar Sarr, la coopérative « Jef Jel » des femmes du village exploite un périmètre de huit (8) hectares selon la présidente Mme Mariama Sarr. Le Gombo, l’oignon et le poivron constituent les principales spéculations. Et, avec un taux de rentabilité satisfaisant.
« Les dernières récoltes d’oignons ont produit près de 35 tonnes tout comme le poivron et le Gombo ont atteint un niveau satisfaisant », nous révèle Mme Mariama Sarr. Toutefois, les difficultés ne manquent pas. Elles se situent sur le système d’arrosage qui est souvent ralenti par le manque d’eau venant du forage qui fonctionne avec un système solaire comme le témoigne le chef du village Mamadou Dièye.
C’est le cas également à Passy Ndenderleng ou les habitants ont du mal à exploiter leur périmètre de 15 ha. Dans le site, plusieurs personnes s’y activent particulièrement les jeunes et les femmes. La plupart dans le maraîchage et la riziculture.
Il faut noter qu’ici, le niveau acceptable de production de 70 à 80 tonnes d’oignons et autres spéculations comme le Gombo et les légumes, est souvent plombé, selon Malick Ndao, producteur et conducteur forestier. Ceci, souligne-t-il, « par un arrêt du système de goûte à goûte à cause du niveau élevé des dépenses de fonctionnement de la centrale solaire. Celle-ci étant alimentée par un groupe 63 KVA le plus souvent en panne sèche de carburant ».
Mais, qu’à cela ne tienne, les femmes sont déterminées à se mouvoir selon leur présidente, Mme Boly Sokhna, « dans le maraîchage et la riziculture. Mais, nous demandons un appui financier pour pouvoir faire face à nos difficultés liées pour beaucoup à l’arrêt fréquent du groupe électrogène ».
L’autosuffisance en riz possible dans la zone

Dans la zone de Keur Samba Gueye, il faut dire que l’autosuffisance en riz est bien possible. Le Maire de Keur Samba Gueye en est convaincu.
Selon Abdoulaye Ndiaye, « avec les nombreux aménagements dans la vallée, la riziculture intensive peut bien être développée. Nous en avons pour près de 1000 ha situés entre les deux communes de Toubacouta et de Keur Samba Gueye ».
Par ailleurs, ajoute l’édile de Keur Samba Gueye, « le maraîchage et l’arboriculture fruitière peuvent également figurer en bonne place dans le système d’exploitation car, des espaces de bananiers, de papayers, de pastèque ont été expérimentés faisant bénéficier en une saison plus de 5 millions de francs à un groupe de femmes de 20 à 25 membres. Pour l’oignon on note à chaque campagne, un surplus de production dans notre commune. Le kilogramme d’oignons se vendait récemment entre 125 et 130 francs. Le producteur est obligé de bazarder son produit car, nous n’avons pas de magasin de stockage encore moins de conservation de ces produits et donc pas d’autre solution ».
C’est pour dire que pour ce qui est de la création d’emplois, le développement de l’agriculture en général constitue une véritable niche dans la zone de Keur Samba Gueye.
Donc, pour Abdoulaye Ndiaye, « nous lançons un appel envers l’État, pour la reprise totale des espaces qui ont été aménagés pour permettre d’inciter ceux qui veulent travailler à un retour à la terre afin de s’occuper et de pouvoir réaliser leur propre développement ».
M. SAGNE
