Infrastructures sanitaires à Keur Madiabel: Le poste de santé et sa posture emblématique en quête de cure de jouvence
A Keur Madiabel, on note un manque criard d’infrastructures sanitaires. Avec un seul poste qui est dans une posture emblématique mais qui, aujourd’hui est en quête de cure de jouvence. Ces propos sont de l’infirmièr-chef, Ayoba Diop que nous avons rencontré samedi 28 juin dernier, le temps d’une visite dans la localité.
La structure sanitaire été construite selon Mr Diop, « en 1946 en même temps que la première école élémentaire de Keur Madiabel du temps de la tendre enfance du président Moustapha Niasse et où les premiers cadres de la localité ont fourbi leur première connaissance de la langue française. Ce qui lui confère un caractère emblématique en quête de réhabilitation à défaut de disposer d’une nouvelle structure ».
Pour l’agent de santé, la structure sanitaire date de très longtemps. Elle fait même partie des premières à avoir été réalisées au Sénégal. D’où, souligne, Mr Diop, « son état de délabrement actuel qui avait obligé ces dernières années les responsables sanitaires en collaboration avec la Mairie, à poser des actes par des réparations et autres modifications de l’architecture ».
Mais. qu’à cela ne tienne, souligne l’infirmièr chef de poste de Keur Madiabel, « jusqu’à présent, la situation persiste. Il y a même pas de logement faute d’un local approprié encore moins de salles d’hospitalisation, il y a le matériel qui fait sensiblement défaut. C’est pour vous dire simplement que c’est avec désolation que nous évoquons à chaque fois cette problématique que j’ai d’ailleurs trouvé ici à mon arrivée en 2019. Là où, depuis 1946, d’autres infirmiers sont passés par là et jusqu’à présent le problème persiste ».
Ce qui, selon l’Infirmier-chef de poste Ayoba Diop, « déteint forcément sur les consultations, la qualité des soins et beaucoup d’autres choses liées à la prise en charge sanitaire des patients. D’où, l’urgence de lancer un appel aux autorités pour remédier à cette situation et parfaire le plateau technique pour un service de qualité et ceci est très important car, une structure de santé a toujours besoin de recevoir ses patients dans de très bonnes conditions ».
Cri de cœur lancé
Aujourd’hui, l’infirmièr chef de poste de Keur Madiabel, invite les autorités à travers un cri de cœur, « à faire quelque chose pour le poste de santé en ruines qui menace de s’effondrer à tout moment. Pour leur propre bien et celui de la population en général car, nous savons qu’ils sont de bon cœur et aussi prêts à faire de bonnes choses. C’est le cas du Président Moustapha Niasse qui a beaucoup fait pour le poste tout comme l’ancien Ministre Serigne Mbaye Thiam et tant d’autres personnes qui ont aussi posé des actes, la commune a pu réaliser une maternité même si cela ne suffit pas d’où toute la population est interpellée ».
Dans la localité, les principales pathologiques les plus fréquentes sont pour la plupart des cas d’hypertension, des intoxications, des asthénies, les diarrhées chez les enfants, les vomissements. « Ce sont les principales pathologies qu’on reçoit ici pour lesquelles nous n’avons beaucoup de problèmes de prise en charge des malades et Dieu merci, mais notre principale préoccupation reste les locaux qui sont vraiment délabrés », a indiqué Mr Ayoba Diop, Infirmier chef de poste de Keur Madiabel.
Grossesses précoces
Aussi, les grossesses précoces sont courantes à Keur Madiabel. Selon Mme Dione Seynabou Ly, Sage femme d’Etat au poste de santé, « ce phénomène des grossesses précoces est devenu monnaie courante. Et, le constat est que pas mal de jeunes filles tombent enceintes et on en trouve beaucoup même au niveau de l’élémentaire ».
Et le plus souvent précise la praticienne de santé, « ce sont des grossesses non désirées ou qui sont occasionnées par des mariages précoces ».
Pour autant, la Sage femme d’Etat au poste de santé de Keur Madiabel et ses collaboratrices ne sont pas restées les bras croisés. Selon Mme Seynabou Ly Dione, « nous avons entamé dans cette croisade un processus d’organisation des jeunes, à travers les pairs ados pour mener des séances de sensibilisation en direction de leurs camarades au niveau des établissements, au niveau des marchés et même dans les quartiers pour éviter ces phénomènes ».
Mohamadou SAGNE
