Imbroglio au sommet de l’État: Entre rivalités feintes et crise réelle, le pays dans l’expectative

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DIOMAYE SONKO.jfif

Nous sommes face à un scénario complexe et fortement inextricable mettant en jeu les principaux acteurs de l’exécutif, le Président de la République et le premier ministre. Nos compatriotes perplexes devant cette scène compliquée, sont troublés par l’incertitude de pouvoir en entrevoir l’épilogue. Les sorties récurrentes du premier ministre et les postures du Président de la République, rendent les pronostics difficiles par le fait qu’ils impriment à leurs trajectoires respectives, des inflexions inattendues et fréquentes, relevant de la pirouette ou de la volteface.

 

Les analystes avertis peuvent face à cette situation ubuesque, se poser légitimement des questions sur la réalité des divergences qui ne doivent pas exister entre les piliers de l’exécutif. Les variations erratiques des postures et de la nature des relations entre le président de la République et son premier ministre sont autant de feintes qui désarçonne l’opinion et prennent le contre-pied de toute démarche logique destinée à décrypter la situation du pays aussi bien sur le plan politique qu’au niveau socio-économique.

 

L’ambivalence dans les démarches et les manipulations régulières du lexique de la bonne gouvernance enlèvent à ceux qui nourrissent encore l’ambition de comprendre, la lisibilité sur les orientations et les plans de l’exécutif.

 

La scène peut être lue comme un artifice destiné à dérouter les analystes pour cacher une connivence dont le but ultime serait d’occuper le terrain et faire oublier l’opposition politique réelle. La tactique des tendances politiques, créées à l’intérieur des partis au pouvoir dans le but d’affaiblir l’opposition, relève du domaine du déjà connu au Sénégal. Ne sommes-nous pas face à scénario qui s’apparente à cela ?

Il y a quelques mois notre lecture du champ politique faisait apparaître la transformation rocambolesque du duo tant chanté en duel brutal.

 

Depuis lors, différents actes ont été posés, tantôt dans le sens de la confrontation directe et de la défiance, tantôt dans celui de la réconciliation et de la grande connivence.

 

Les attaques ouvertes, les diatribes et les quolibets distillés de part et d’autre, ont contribué à davantage brouiller les cartes et, les mesures administratives ainsi que les actes de gestion servis en réponse ont renforcé ce brouillage.

 

Pendant ce temps, la gouvernance du pays piétine, les agences de notations sévissent, les institutions de financement se rétractent, l’économie s’essouffle, les populations souffrent et les foyers de tension se multiplient.

 

Les grandes difficultés économiques du moment vont sans doute s’aggraver avec les obligations financières et les engagements à venir sur le court terme.

 

Il ressort des prévisions les plus persistantes, que le pays connaîtra à partir du mois de mars une période difficile et les projections laissent entrevoir le spectre terrifiant du défaut de paiement. Le débat fait rage autour des mécanismes de traitement de la dette publique dans un contexte où les engagements dépassent les capacités financières à court terme de notre économie.

 

Les hypothèses de restructuration, de rééchelonnement, de reprofilage et de tous autres mécanismes de gestion active de la dette sont posées avec véhémence dans plusieurs rencontres et sur différents plateaux de télévision par des personnes qui ne sont pas toujours assez outillées pour parler de ces questions de finances publiques.

 

Face aux questions sérieuses de développement économique et social qui interpellent notre pays, nous attendons des tenants de l’exécutif des

 

postures responsables et la ferme volonté d’apporter des réponses sérieuses qui ne soient pas des tactiques à courte vue pour sortir le Sénégal de la malheureuse impasse dans laquelle il se trouve actuellement.

 

 Mamadou MARONE 

 

 

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