Front syndical: And Gueusseum–SATSUS durcit le ton et annonce une marche nationale suivie d’une grève de 72 heures
Réunie en conférence de presse ce mercredi, la coalition syndicale Jonction des luttes And Gueusseum–SATSUS a lancé la cinquième phase de son plan d’actions. Dénonçant le mépris du Gouvernement à l’endroit des travailleurs et des populations, elle élargit son combat à l’action sociale et aux retraites, avec à la clé une marche nationale et une grève sans service minimum.
La tension sociale reste vive dans les secteurs de la santé, de l’action sociale et des retraites. La Jonction des luttes And Gueusseum–SATSUS a annoncé, ce mercredi, une nouvelle montée en puissance de son combat syndical, marquant le lancement de son cinquième plan d’actions face à ce qu’elle qualifie d’inaction persistante de l’État.
Dès l’entame de l’année 2026, la coalition regrette que les Sénégalais soient encore confrontés à des mouvements de grève plutôt qu’à des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique aux soins de santé. Un paradoxe, selon elle, dans un pays où le droit à la santé est garanti par la Constitution et érigé en pilier du développement du capital humain dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.
Dans ce contexte, la Jonction des luttes a décliné les principaux jalons de son plan d’actions. Après une première étape ce mercredi 7 janvier 2026, une marche nationale est prévue le 14 janvier à Thiès à partir de 10 heures. Elle sera suivie d’une grève de 72 heures, sans service minimum, initialement programmée plus tôt mais décalée de 24 heures en raison de la célébration de l’Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Le mot d’ordre de grève s’étendra finalement du mercredi 21 au vendredi 23 janvier 2026, avec toutefois la prise en charge des urgences et le port de brassards rouges.
Les syndicalistes imputent à l’État la responsabilité des 196 heures de soins et de services perdues lors des précédents mouvements, accusant le Gouvernement de vouloir enterrer un passif social sous couvert de difficultés financières. Une justification jugée irrecevable, d’autant plus que, selon la coalition, aucun effort n’est consenti sur le train de vie de l’État, maintenu, voire renforcé, avec la caution de l’Assemblée nationale.
Cette dernière est particulièrement mise en cause pour avoir procédé à une réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, alors même que les populations peinent à accéder à des soins de qualité. Une décision perçue comme contradictoire avec les exigences d’un système sanitaire performant et équitable.
La Jonction des luttes n’a pas non plus caché sa déception après le récent discours du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Très attendu par les acteurs sociaux, ce discours aurait, selon elle, manqué l’occasion de poser les bases d’un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient et plus motivant pour les travailleurs.
Au-delà de la santé, la coalition élargit son front de lutte à l’action sociale. Elle dénonce avec vigueur la décision du ministre de l’Enseignement technique visant à transformer les Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS) en centres de formation technique et professionnelle inclusifs. Une mesure jugée contraire à la vocation de ces structures et en violation de plusieurs textes nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées et la Convention 159 de l’OIT.
La Jonction des luttes And Gueusseum–SATSUS affiche également sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte, réclamant le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du Code du travail et du Statut général de la Fonction publique. Elle appelle enfin à une mobilisation autour des revendications liées aux retraites, notamment le départ à 65 ans, la revalorisation de pensions jugées dérisoires et l’amélioration de la couverture médicale.
Convaincue que seule la poursuite et l’intensification de la lutte permettront d’arracher des avancées significatives, la coalition invite travailleurs et citoyens à une mobilisation massive. Elle conclut en appelant de ses vœux une année 2026 placée sous le sceau de la justice sociale et de la victoire des combats syndicaux.
M. TOURÉ
