D’une approche scientifique dans l’éradication de l’homosexualité au Sénégal
Dans le contexte socioculturel sénégalais contemporain tout comme dans l’Afrique noire précoloniale, l’hétérosexualité a toujours été largement pensée comme une norme fondatrice de l’ordre social. Elle est perçue non seulement comme une orientation individuelle, mais comme un principe structurant du collectif. Ainsi, les discours religieux et moraux hostiles à l’homosexualité trouvent un écho favorable dans une large partie de l’opinion publique. La répulsion sociale de ce phénomène est même totale.
L’affaire récente mêlant accusations d’actes homosexuels et transmission volontaire du VIH a ravivé cette aversion sociale. La vigueur des réactions populaires peut être interprétée comme l’expression d’un attachement aux normes culturelles dominantes, d’une sensibilité aux enjeux de santé publique et d’une conception holiste de la morale sexuelle. C’est même une preuve de la vitalité de système de défense culturelle contre l’invasion de la morale occidentale.
Dans cette dynamique, certains collectifs populaires largement très connectés et magiciens du clic, apparaissent comme des acteurs centraux de la régulation morale. Leur posture rappelle la figure des « entrepreneurs de morale » conceptualisée par Howard Becker dans «Outsiders». Ces acteurs contribuent à définir publiquement certaines pratiques comme déviantes et à mobiliser l’opinion en faveur de leur répression.
Cependant, comme l’a montré la sociologie de la déviance, toute entreprise de régulation normative comporte des effets inattendus. La dynamique populaire actuelle, si elle se déploie dans l’excès et la stigmatisation généralisée, pourrait produire des contrecoups contraires à l’idéal social qu’elle entend défendre.
Le premier effet concerne la santé publique. La surmédiatisation et la forte stigmatisation des personnes présumées homosexuelles vivant avec le VIH risquent d’encourager le retrait ou la dissimulation. Or, l’éloignement des structures sanitaires compromet le suivi médical, la prévention et les stratégies de réduction de la transmission. En ce sens, la stigmatisation ne supprime pas nécessairement une pratique ; elle tend plutôt à la rendre clandestine, complexifiant ainsi sa régulation.
Un second effet pervers tient à l’extension de la disqualification sociale aux proches des personnes incriminées. À la lumière des analyses d’Erving Goffman sur la stigmatisation, on peut parler ici de « stigmatisation par association » : les familles, conjoints, enfants ou collaborateurs peuvent subir une dégradation symbolique de leur statut social en raison de leur simple lien avec un individu socialement disqualifié. Cette « mort sociale » anticipée peut s’avérer durable, indépendamment de l’issue judiciaire des affaires.
Enfin, la surmédiatisation continue de ces événements produit un effet paradoxal d’ordre symbolique : en occupant durablement l’espace public, le sujet contribue à banaliser le débat sur la sexualité et à installer progressivement ce thème au cœur des conversations ordinaires. Ce qui était autrefois marginal devient un objet central de discussion collective.
Il ne s’agit pas ici de contester le droit d’une société à défendre ses normes morales, ni à condamner des actes pénalement répréhensibles. Cependant, toute mobilisation sociale gagne à s’inscrire dans la mesure et la rationalité stratégique. Une lutte conduite dans l’excès émotionnel peut fragiliser ses propres objectifs, notamment en matière de cohésion sociale et de santé publique.
Les leaders d’opinion et acteurs religieux ou associatifs, en tant qu’entrepreneurs de morale, portent dès lors une responsabilité particulière : celle d’encadrer la mobilisation afin d’éviter que la défense des normes collectives ne produise des effets paradoxaux contraires à l’intérêt général.
La diffusion du statut sérologique peut toutefois permettre d’éclairer l’opinion, pousser à les gens à beaucoup plus de vigilance surtout concernant les chaînes de transmission et inciter individuellement les personnes proches des mis en cause à aller se dépister. L’Etat devrait d’ailleurs même penser à assister les familles, surtout les épouses et parents de ces individus en marge de la normalité sociale et sexuelle. Des assistants sociaux et des psychologues peuvent aider.
Quid du salut juridique ?
C’est plus un secret: le droit doit servir au développement car il est le réceptacle des aspirations les plus profondes d’un peuple. Il doit être endogène tout en s’adaptant au contexte économique, politique, géopolitique, environnemental et culturel de l’écosystème mondial. Pas de reniements moraux surtout car la souveraineté des peuples demande aussi un libre choix des orientations sociales et culturelles. Le durcissement de l’incrimination des actes contre-nature, le champ définitionnel et répressif étendu tel que l’apologie et le financement sont une belle victoire du peuple sénégalais contre ces lobbys qui nous souillent. Mais il faut aller loin :
– moderniser et réformer l’administration pénitentiaire pour se préparer à ces déviants en milieu carcéral ;
– réformer le Conseil Constitutionnel en une Cour Constitutionnelle pour y nommer des profils variés en vue de faire du droit constitutionnel, la locomotive de notre développement endogène. Le mariage à l’aune du droit sénégalais unit l’homme et la femme. Ce serait audacieux de l’inscrire dans notre loi fondamentale comme l’a fait la Russie pour mettte hors état de nuire les lobbys pro-lGBtq.
– la régulation des réseaux sociaux qui sont un nid de propagande et de cooptation des jeunes personnes souvent mal-informées et mal-éduquées;
– la suppression dans toutes les instances de l’État du « concept genre » qui a subrepticement introduit par l’ancien régime très frileux dans La défense des valeurs morales sénégalaises.
L’homosexualité mérite une approche scientifique dans son analyse et son éradication dans nos politiques publiques car c’est non seulement un défi de santé publique, de l’ordre public moral mais aussi et également un enjeu de bataille politique et souverainiste.
Il est possible d’ailleurs d’identifier quatre groupes ou typologies de personnes dans cette déviance, voisine du lesbianisme :
• ceux qui s’adonnent par vice et plaisir ;
• ceux qui ont subi cette abomination pendant l’enfance ;
• ceux qui ont une déformation hormonale et;
• ceux qui sont des partisans de relations tarifées ( contrepartie économique).
La complexité de cette situation montre qu’il faut rapidement utiliser le droit comme levier de solutions mais réguler l’espace digital et médiatique pour endiguer l’apologie et le financement.
Ensuite, la territorialisation de la lutte impose qu’il y ait une nouvelle gouvernance locale ou acteurs déconcentrés et décentralisés mutialisent leurs forces pour protéger la jeunesse surtout celle scolaire et universitaire très exposée.
In fine, le chantier de l’employabilité et de l’emploi est un réel défi car l’agenda LGBTQ est immensément bien financé pour saper la moralité africaine et celle sénégalaise en premier.
Me Amadou Gadjigo, philosophe et greffier au TGI de Kaolack;
Masserigne Dieye, éducateur spécialisé et sociologue ;
Me Aliou Gabou Cissé, juriste et greffier.
