De la nécessaire rationalisation des parties politiques en vue de la réduction des dépenses liées aux élections – par Abdou Fouta Diakhoumpa
======/======par Abdou Fouta DIAKHOUMPA
L’UCAD possède une faculté dénommée FSJP, plus connue sous le nom de fac de droit. Donc, bien des gens oublient qu’on y enseigne les sciences juridiques ou droit mais aussi les sciences politiques. Rappelons que les sciences politiques jouent un rôle essentiel dans la compréhension et l’amélioration des sociétés contemporaines. Elles permettent de former des citoyens informés, capables d’analyser des enjeux complexes et de participer de manière active à la vie politique.
Aussi, le citoyen, mème acteurs politique passif, doit réfléchir sur la matière politique et avancer des solutions utiles pour résoudre des problèmes qui se posent à l’État ou à la population. D’où la Nécessité de réfléchir sur la nécessaire rationalisation des partis politiques en vue de la réduction des dépenses publiques liées aux élections
Entre janvier 2022 et novembre 2024, l’État à organisé 5 élections dont la dernière qui est la répétions de celle de juillet 2022 à coûté 12 milliards. Et seules 12/41 listes ont eu des candidats élus. Rappelons que 08 listes ont été écartées de ces joutes au moment de la validation des listes.
Rappelons que pour lessentiel ces listes étaient composées de candidats membres de partis politiques coalisés. Ce qui permet de penser que plus de 100 partis politiques étaient candidats a ces élections législatives.
Rappelons que le Sénégal compte plus de 300 partis politiques et au moins plus d’une cinquantaine de mouvements politiques.
Cet état de fait s’explique par la propension du sénégalais à créer un parti et d’en être le propriétaire empêchant ainsi toute succession démocratique à la tête du parti. Aussi, chaque responsable d’envergure qui démissionné crée son propre parti et perpétue le vice ci- dessus évoqué : la patrimonialisation des organisations politiques. Il s’y ajoute l’aisance que la loi offre pour créer une association favorise ce phénomène.
Et comme les partis sont créés pour conquérir ou garder le pouvoir, la nécessité d’organiser des élections s’impose à l’État. Et ce mode de désignation des élus du peuple coûte cher aux contribuables sénégalais.
Et les résultats à l’issue des dernières élections montre que les scores n’ont pas été à la hauteur des milliards dépensés, puisque seuls 12/41 partis ont obtenus des sièges. Et dire que huit partis ont été éliminés à la phase de dépôt des candidatures.
Cette pléthore de partis sans envergure qui participent seuls ou en coalition aux joutes électorale coûte cher aux citoyens.
Et si on y prend pas garde, les prochaines élections locales vont amplifier le nombre de listes en compétition, dunc le nombre de bulletins à imprimer.
D’où la Nécessité d’utiliser ces prochaines élections locales comme Instrument de représentativité pour rationaliser les partis politiques
Certes, dans de nombreux systèmes démocratiques, le multipartisme est un gage de pluralité d’idées et de diversité politique. Cependant, cette richesse peut devenir un handicap lorsqu’elle se traduit par une prolifération excessive de partis politiques, comme dans notre pays où leur nombre dépasse les 300. Cette situation engendre un éclatement de la représentation, une fragmentation du paysage politique et une inefficacité dans la gouvernance.
Afin de rationaliser ce système pléthorique, l’utilisation des élections locales comme critère de représentativité se présente comme une solution pragmatique et efficace.
Précisions que la multiplication des partis politiques peut nuire à la qualité de la démocratie pour plusieurs raisons :
- Fragmentation du paysage politique : Trop de partis diluent les voix des électeurs et rendent difficile la constitution de majorités stables.
- Faible ancrage local : De nombreux partis n’ont qu’une existence formelle et ne disposent pas de base militante ni d’un ancrage territorial réel.
- Confusion pour les électeurs : L’électorat se retrouve souvent perdu face à une offre politique surabondante et parfois redondante. Et cela se traduit par la ressemblance de certains bulletins de vote.
- Complexité institutionnelle : Cette situation complique les discussions entre l’État et les formations politiques sur les grandes questions institutionnelles ou électorales.
Ces dysfonctionnements appellent une réforme qui met l’accent sur la représentativité réelle, mesurée par la capacité d’un parti à mobiliser et à fédérer des électeurs sur le terrain.
Aussi, les élections locales me semblent être une base pertinente pour mesurer la représentativité des partis politiques.
Les élections locales, par leur nature, offrent une meilleure lecture du poids réel des partis politiques. Elles constituent une base solide pour évaluer leur représentativité pour plusieurs raisons :
- Proximité avec les citoyens : Les élections locales impliquent des enjeux concrets et touchent directement les électeurs dans leur quotidien. Un parti qui réussit à faire élire un grand nombre de conseillers municipaux prouve qu’il est enraciné dans les réalités locales. Et le score départemental joue le même rôle.
- Réalité du terrain : Contrairement aux élections nationales où le vote peut être influencé par des campagnes médiatiques ou des figures charismatiques, les élections locales reflètent davantage le travail de proximité des partis.
- Mesure objective : Le nombre de conseillers municipaux élus est un critère quantifiable et transparent, qui permet d’évaluer de manière impartiale le poids de chaque parti.
Ce recours aux élections locales permet donc d’avoir la représentativité des partis.
Pour rationaliser le système multipartite et réduire le nombre de partis, il est proposé d’utiliser le nombre de conseillers municipaux élus comme critère principal pour déterminer les partis représentatifs. Cette approche permettrait :
- Une limitation des interlocuteurs institutionnels : Seuls les partis ayant un poids significatif, mesuré par leur succès aux élections locales, pourraient participer aux discussions avec l’État sur les grandes réformes institutionnelles ou électorales.
- Une simplification du paysage politique : En établissant un seuil minimal de conseillers municipaux élus pour accéder au statut de parti représentatif, on réduirait le nombre de partis actifs à un nombre gérable et significatif.
- Une meilleure allocation des ressources : Les éventuelles subventions publiques et les temps d’antenne pourraient être attribués en fonction de ce critère, favorisant les partis qui contribuent réellement à la vie démocratique.
Tout cela nécessite une mise en œuvre bien pensée et des critères de sélection objectifs.
La mise en œuvre d’une telle réforme nécessite de définir des critères précis :
- Seuil minimal de conseillers élus : Un parti pourrait être considéré comme représentatif s’il obtient un certain pourcentage du total des conseillers municipaux élus. Ce seuil devrait être fixé en fonction des spécificités du système politique et du nombre total de conseillers.
- Interdiction des alliances : Les coalitions ne seront pas autorisées pour éviter de fausser l’importance des forces politiques locales en présence.
- Réévaluation périodique : La représentativité des partis devrait être réexaminée à chaque cycle électoral local, afin de refléter l’évolution des dynamiques politiques.
Ce système présente des avantages:
- Renforcement de la gouvernance : Avec un nombre limité de partis, il devient plus facile de former des majorités cohérentes et stables.
- Simplification des dialogues institutionnels : L’État pourrait engager des discussions plus constructives avec un nombre restreint d’interlocuteurs, représentatifs des aspirations populaires.
- Crédibilité accrue des partis : En exigeant des partis qu’ils prouvent leur ancrage local avant d’accéder au statut de représentativité nationale, on renforce la légitimité de ces formations.
Conclusion partielle
Face à une prolifération excessive des partis politiques, la démocratie peut perdre en efficacité et en crédibilité. Utiliser les élections locales comme critère de représentativité, en se basant sur le nombre de conseillers municipaux élus, est une solution réaliste et équitable pour rationaliser le paysage politique. Une telle réforme permettrait de recentrer le débat public autour de formations politiques solides, enracinées dans la société, et capables de contribuer réellement à la gouvernance du pays. Cela garantirait une démocratie plus fonctionnelle et respectueuse des aspirations citoyennes.
Bulletin unique électoral, second moyen de réductiondes depenses publiqued electorales
Une fois la réduction des partis politiques obtenue via les élections de représentativité, l’utilisation du bulletin unique s’avère être un biais pour rationaliser les dépenses publiques liées aux élections.
Ptecisons que le bulletin unique électoral est un document officiel utilisé lors des élections, qui regroupe sur un seul et même support l’ensemble des candidats ou des listes en compétition.
Contrairement au système classique où chaque parti ou candidat imprime et distribue ses propres spécimens de bulletins de vote, le bulletin unique est produit, imprimé et fourni par l’autorité électorale. Ce mécanisme vise à simplifier et à sécuriser le processus électoral, tout en renforçant la transparence et l’équité entre les participants.
Ce bulletin contient des informations essentielles telles que :
- Les noms des candidats ou des listes.
- Les logos ou symboles des partis (si disponibles).
- Une case ou un espace spécifique permettant aux électeurs d’exprimer leur choix de manière claire, généralement en cochant ou en marquant une zone dédiée.
L’électeur reçoit ce document unique dans l’isoloir, où il peut effectuer son choix avant de le déposer dans l’urne. Une fois le scrutin terminé, les bulletins sont collectés et comptabilisés par l’administration électorale.
Quels sont les objectifs Objectifs du bulletin unique?
L’objectif principal du bulletin unique est de garantir un processus électoral plus équitable et transparent. En centralisant la production des bulletins, ce système limite les risques de manipulation ou de ]fraudes souvent associés à la distribution de bulletins spécifiques. Il vise également à réduire les coûts liés à l’organisation des élections, en supprimant la nécessité pour chaque parti d’avoir la même quantité importante de bulletins que tous les autres, alirs sue lon sait que peu de bulletins seront utilisés par les electeurs pour certains partis le jourdu scrutin a cause de leur micro représentativité.
De plus, ce mécanisme permet de simplifier le vote pour les électeurs. Ces derniers n’ont pas à chercher ou à transporter des bulletins correspondant à leurs choix, puisque toutes les options sont présentées sur un seul support.
Quels sont les avantages du bulletin unique?
- Réduction des coûts : L’impression d’un seul type de bulletin pour l’ensemble des candidats ou listes diminue les dépenses liées aux élections, tant pour les partis que pour l’État.
- Transparence accrue : Tous les candidats bénéficient d’une visibilité égale sur le bulletin, éliminant ainsi les inégalités et réduisant les risques de pratiques frauduleuses.
- Égalité des chances : Aucun parti ou candidat ne peut être désavantagé par des retards ou des irrégularités dans la distribution des bulletins ou bien de leur disposition dans la salle de vote.
- Simplification du vote : L’électeur n’a qu’un seul document à manipuler, ce qui réduit les risques d’erreurs ou de confusion.
- Réduction de la fraude : La centralisation de la production des bulletins rend difficile la fabrication de faux documents ou la distribution de bulletins préremplis.
- Impact écologique positif : La production d’un seul type de bulletin limite le gaspillage de papier et réduit l’empreinte écologique occasionnée par les opérations électorales.
Le bulletin unique est utilisé dans plusieurs pays, dont le Burkina Faso, où il a contribué à renforcer la confiance des électeurs dans les processus électoraux. Il est particulièrement adapté aux contextes où la fraude électorale ou les inégalités entre candidats sont des préoccupations majeures.
