Connectivité numérique / Internet pour tous: Le Sénégal mise sur le satellite pour effacer les zones blanches
Fidèle à l’annonce du Chef de l’État faisant de 2026 « l’année de la connectivité », le Gouvernement du Sénégal accélère la réduction de la fracture numérique. Dans le cadre du New Deal Technologique, l’autorisation accordée à Starlink marque un tournant stratégique : connecter rapidement les zones rurales et isolées grâce au satellite, là où les réseaux terrestres peinent à s’étendre depuis plus de trois décennies.
Après plus de trente ans d’attente dans certaines localités non urbaines, la promesse d’un accès universel à Internet prend enfin forme. Le Gouvernement du Sénégal (GdS) a décidé d’intégrer pleinement la connectivité par satellite dans sa stratégie nationale, en complément des infrastructures terrestres existantes. Une option assumée, pragmatique et tournée vers l’impact immédiat.
Dans le cadre du New Deal Technologique, l’ambition est claire : démocratiser l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national, y compris — et surtout — dans les zones rurales et enclavées où les investissements classiques des opérateurs restent économiquement lourds et techniquement complexes. Là où le déploiement de la fibre ou des réseaux mobiles nécessite des années de travaux et une logistique coûteuse à la rentabilité incertaine, le satellite offre une réponse rapide et efficace.
C’est dans cette optique que le GdS a accordé à Starlink une autorisation de fournisseur d’accès internet. Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, cette technologie permettra de combler immédiatement les gaps de couverture et d’éradiquer progressivement les zones blanches, en renforçant ou en prolongeant les réseaux terrestres. Loin d’être une alternative concurrente frontale, la connectivité satellitaire est pensée comme un complément stratégique au maillage national.
Pour traduire cette vision en actions concrètes, l’État a négocié l’acquisition de 5 000 kits à un tarif préférentiel, avec un objectif ambitieux : connecter gratuitement un million de Sénégalais dès le premier semestre 2026. Les secteurs prioritaires sont clairement identifiés : zones blanches via le wifi communautaire, éducation, enseignement supérieur, formation professionnelle, collectivités territoriales, zones frontalières, ainsi que le Plan Diomaye pour la Casamance, entre autres.
Au-delà de l’accès, l’enjeu est économique et social. Cette décision vise une extension immédiate de la connectivité sur tout le territoire, une inclusion numérique accrue et une dynamisation des activités locales. Elle ambitionne également de renforcer le positionnement du Sénégal comme leader de la transformation numérique en Afrique, tout en améliorant la productivité des secteurs clés de l’économie.
Face aux inquiétudes exprimées par certains acteurs, les autorités se veulent rassurantes : il n’existe pas de menace directe pour les opérateurs nationaux, qui évoluent sur des produits et segments différents. Par ailleurs, tout fournisseur satellitaire reste soumis aux règles de régulation définies par l’État sénégalais, garantissant un cadre équitable et souverain.
En misant sur le satellite pour rattraper des décennies de retard dans certaines zones, le Sénégal fait le choix de l’accélération. Une option stratégique qui pourrait transformer durablement le quotidien de millions de citoyens et donner corps à la promesse présidentielle : faire de 2026 l’année où la connectivité devient enfin une réalité pour tous.
Abdou Latif NDIAYE
