Comment les stades marocains défient la pluie à la CAN: Une technologie de pointe hors du commun

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Stade Prince Moulaye Abdellah

De notre envoyé spécial au Maroc : Cheikh Fantamady Keita

Depuis le début de la CAN 2025, la pluie s’abat, parfois violemment, sur les pelouses des stades marocains. Le pays hôte de la CAN avait prévu le coût en investissement dans un tout nouveau système de pelouse installé dans son stade principal à Rabat.

Le sélectionneur tunisien Samir Trabelsi n’en croyait pas ses yeux. Le 23 décembre, pour son entrée en lice à la CAN 2025 face à l’Ouganda, la Tunisie a dû jouer sous un orage terrible pendant toute la première mi-temps. Des conditions dantesques qui n’ont pas empêché les Aigles de Carthage de s’imposer (3-1) contre leurs adversaires.

Si les joueurs étaient trempés, le ballon, lui, roulait parfaitement sur une pelouse impeccable. À l’issue du match, le sélectionneur tunisien, désormais limogé, s’en était d’ailleurs réjoui en soulignant son impression sur les infrastructures sportives du Maroc. Car après 3 heures de fortes pluies, la pelouse est restée en très bon état et cela a permis aux équipes de jouer sans difficultés.

Technologie américaine SubAir

En fait, dans son dossier infrastructures, le Royaume marocain avait tout prévu, allant même au-delà des exigences de la CAF et de la FIFA et faire un clin d’œil aussi au mondial 2030 qu’il va coorganiser avec l’Espagne et le Portugal. En effet, lors de la reconstruction en 2023 du Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat (68.000 places), le Royaume avait signé un partenariat avec l’entreprise américaine Bernhard, qui se présente sur son site comme le « leader des technologies pour terrains de sport ». « Nous sommes fiers d’annoncer la première installation SubAir Systems au Maroc, désormais disponible au célèbre stade Prince Moulay Abdellah à Rabat », annonçait au printemps l’entreprise américaine.

Une technologie de drainage souterrain bien élaborée et qui a permis de garantir une pelouse sèche même en cas de fortes intempéries. En somme, plusieurs couches successives, dont du sable, permettent d’absorber l’eau, tandis qu’un système de soufflerie souterrain sèche la pelouse. L’eau de pluie est collectée dans des réservoirs souterrains et peut ensuite servir comme irrigation. « Ce mode d’arrosage élimine l’humidité jusqu’à 36 fois plus rapidement qu’un système de drainage par gravité. L’air est aspiré à travers le sol avec l’eau, ce qui favorise l’oxygénation de la zone racinaire », vante Bernhard, qui évoque une capacité de stockage comprise entre 600 000 et 1,12 million de litres.

Inauguré dans les années 1980, le stade Prince Moulay Abdallah de Rabat a été entièrement reconstruit en 2023, en vue d’accueillir les principaux matches de la CAN 2025. La compétition sert elle-même de répétition générale avant la Coupe du monde de football 2030, coorganisée avec le Portugal et l’Espagne. Le stade royal peut désormais accueillir 68 000 spectateurs et dispose de 110 loges. D’ailleurs le match d’ouverture de la CAN Maroc 2025 s’est joué sur ce stade qui abritera également la finale le 18 janvier 2026.

Ces travaux font partie du grand plan d’investissements du Maroc qui a déboursé près d’1,8 milliard d’euros pour construire six des neuf stades hôtes de la CAN et en moderniser trois. Par ailleurs, quelque 500 millions d’euros du budget total sont consacrés à la construction, à l’horizon 2028, d’un stade de 115 000 places à Benslimane, près de Casablanca, qui devrait en faire le plus grand stade du monde.

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