Affaire ASER–AEE POWER EPC: Thierno Alassane Sall dénonce un “scandale” et une “opacité”
Dakar – Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, est monté au créneau ce 15 mars 2026 pour dénoncer ce qu’il qualifie de «scandale financier» autour du contrat liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale) à la société AEE Power EPC. Lors d’une conférence de presse à Dakar, le parlementaire a pointé une « opacité » persistante concernant le décaissement de 37 milliards de francs CFA dans le cadre d’un projet d’électrification rurale dont, selon lui, les résultats restent invisibles sur le terrain.
Selon l’ancien ministre de l’Énergie, une part importante du financement du projet — estimé à plus de 91 milliards de francs CFA — aurait déjà été décaissée, alors que l’exécution effective des travaux serait quasi inexistante. « Il est désormais établi que les 37 milliards de francs CFA versés à l’entreprise ne se traduisent par aucune exécution significative et visible du projet », a-t-il déclaré, estimant que les Sénégalais « ne voient rien » malgré l’ampleur des ressources engagées.
Un contexte économique et social préoccupant
Dans son propos liminaire, le député a dressé un tableau sombre de la situation économique et sociale du pays. Il a évoqué les grèves récurrentes dans le secteur de l’éducation, les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles pour écouler leurs récoltes, ainsi que la crise qui touche le secteur du BTP et menace de nombreux emplois.
Thierno Alassane Sall a également exprimé ses inquiétudes concernant la gestion de certains dossiers stratégiques, citant notamment les incertitudes autour du projet gazier offshore après le retrait de partenaires internationaux, ainsi que le manque de visibilité sur l’avenir des Industries Chimiques du Sénégal.
Selon lui, dans un contexte marqué par la cherté de la vie et la montée du chômage, les citoyens sont en droit d’attendre davantage de clarté et de responsabilité de la part des autorités.
Une plainte déjà déposée au Sénégal
Concernant le dossier ASER–AEE Power EPC, le député affirme avoir saisi la justice sénégalaise dès le 16 octobre 2025. Une plainte a été déposée auprès du Pool judiciaire financier, avec des investigations confiées à la Section de recherches de la Gendarmerie.
Le parlementaire regrette toutefois l’absence d’informations publiques sur l’état d’avancement de l’enquête. « Près de six mois se sont écoulés sans qu’aucune information officielle ne nous soit communiquée », a-t-il déploré, accusant le gouvernement d’adopter une stratégie de « déni et de diversion » face à ce qu’il considère comme une affaire grave.
Une procédure judiciaire ouverte en Espagne
Face à ce qu’il considère comme une absence de réaction suffisante des autorités, Thierno Alassane Sall a annoncé avoir également déposé une plainte en Espagne contre AEE Power EPC et contre X.
Selon lui, la justice espagnole a accepté la plainte et ouvert une procédure intitulée « Diligencias Previas 140/2026 » le 24 février 2026 à Madrid. Dans ce cadre, le tribunal aurait demandé à l’entreprise concernée de fournir des informations sur l’utilisation des fonds reçus, tout en sollicitant également des éclaircissements auprès de Banco Santander, la banque impliquée dans le financement du projet.
«Défendre les ressources du peuple sénégalais»
Malgré les critiques et les tensions politiques suscitées par cette affaire, le député affirme vouloir poursuivre son combat pour la transparence dans la gestion des finances publiques.
« Les menaces, les calomnies et les tentatives de diversion ne nous ébranlent pas », a-t-il déclaré, estimant que la véritable souveraineté passe par la protection de l’argent public et par une gestion transparente des partenariats internationaux.
Pour Thierno Alassane Sall, les Sénégalais « méritent la vérité, la transparence et une gestion rigoureuse de leurs ressources publiques », appelant les autorités à apporter des explications claires sur l’utilisation des fonds engagés dans ce projet d’électrification rurale.
Cheikh Seck NDONG
