À propos des articles 82 et 84: La CAF revoit complètement son jugement !
Le jury disciplinaire de la CAF avait débouté le Maroc dans son recours contre le Sénégal, mais hier un autre jury, celui d’appel, qui a été saisi du dossier a donné une autre motivation de cette décision.
En effet, ce jury d’appel a estimé que « le comportement de l’équipe du Sénégal, qui avait momentanément quitté le terrain en signe de protestation après le penalty accordé au Maroc au bout du temps additionnel, «relève du champ d’application des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations ». Fin janvier, la CAF avait pourtant estimé que le Sénégal n’avait pas violé ces deux articles.
Mais voilà, sous la forte pression marocaine, la CAF a ordonné son jury d’appel de revoir le dossier. Pour se faire une idée de ce que stipule les fameux articles (42 et 84), une petite revisite au niveau de ces deux articles : D’abord l’article 82 stipule que « si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours. Il en est de même pour les équipes préalablement disqualifiées par décision de la CAF ».
Ensuite pour l’article 84 il est stipulé que « l’équipe qui enfreint les dispositions des articles 82 et 83 sera définitivement exclue de la compétition. Elle perd le match 3-0. Si l’équipe adverse menait par un score plus avantageux au moment de l’arrêt du match, le score sera maintenu. D’autres mesures pourront être prises par la Commission d’organisation ».
Mais pourquoi la CAF a changé d’avis ? A coup sûr, cette décision va faire énormément de bruit puisque le Sénégal ne va pas en rester là et va certainement saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Elle va aussi alimenter de plus belle les accusations au sujet de la mainmise du Maroc sur la CAF, alors que les rumeurs des dernières semaines faisaient état de tensions croissantes entre le président de l’instance, Patrice Motsepe, et son vice-président marocain, Fouzi Lekjaa suite aux décisions d’après-CAN. Forcément, l’instance panafricaine peut s’attendre à être accusée d’avoir cédé aux pressions du Maroc.
Cheikh Fantamady Keita
