À Agnam, Talla Sylla brise le silence et met l’État face à ses responsabilités

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AGNAM : Talla SYLLA avec Baïdalaye KANE, 1er adjoint au maire chez Farba NGOM

Visite de Courtoisie à Agnam

Date : Mercredi 11 Février 2026

Lieu : Agnam, (Domicile de Farba Ngom, Grande Mosquée Agnam Civol)

 

Dignes fils et filles du Fouta,

Populations d’Agnam,

Mes chers compatriotes,

Je suis venu aujourd’hui sur cette terre du Fouta, terre d’érudition, de foi et de fierté, non pas en campagne, mais en pèlerinage de fraternité. Je suis venu écouter le battement de cœur d’Agnam, et je le trouve aujourd’hui rythmé par l’angoisse et le sentiment d’injustice.

On dit chez nous que « la douleur partagée est une douleur apaisée ». Je suis donc ici pour prendre ma part de votre peine, pour regarder dans les yeux les mères, les frères et les partisans de Farba Ngom, et leur dire : Vous n’êtes pas seuls.

Nous sommes le 11 février 2026. Cela fait bientôt un an que votre maire, un fils de ce terroir, est privé de liberté. Je ne suis pas juge. Je ne suis pas ici pour commenter le fond d’un dossier judiciaire. Mais je suis un homme, un Sénégalais, un militant éternel de la dignité humaine. La justice doit être lisible, et ne jamais devenir un instrument de tourment.

J’ai entendu votre cri. J’ai entendu le Comité de Résistance Populaire.

Comment comprendre, en toute logique républicaine, qu’au sein d’une même affaire, il puisse y avoir deux poids, deux mesures ? Comment accepter que l’un des accusés recouvre la liberté, tandis que l’autre, dont l’état de santé est précaire, reste maintenu dans les liens de la détention ?

La justice n’est pas la vengeance. La détention ne doit jamais être une humiliation, ni une mise en danger de la vie humaine. Quand la maladie frappe à la porte d’une cellule, l’humanité doit ouvrir la grille.

À travers le cas de Farba Ngom, c’est la question de notre humanisme sénégalais qui est posée. On ne bâtit pas la paix sociale sur le ressentiment. On ne grandit pas la démocratie en donnant l’impression d’un acharnement.

À vous, jeunes et anciens d’Agnam, qui prévoyez de marcher ce 14 février, jour symbolique de l’amour et de l’union :

Que votre marche soit celle de la dignité.

Que votre rassemblement soit le miroir de votre maturité.

Ne laissez personne caricaturer votre combat. Votre exigence est noble : vous demandez l’égalité devant la loi, vous demandez le respect de la vie.

Je repars d’ici le cœur lourd mais l’esprit clair. Je porterai ce témoignage au-delà du Fouta. Je dirai à Thiès, je dirai au Sénégal tout entier : « J’ai vu Agnam. J’ai vu un peuple qui ne demande ni faveur ni passe-droit, mais qui refuse, à juste titre, que la justice soit borgne. »

Que la paix veille sur le Fouta.

Que la santé et la liberté retrouvent le chemin de ceux qui souffrent.

Et que la justice, la vraie, celle qui apaise et réconcilie, éclaire notre Sénégal.

Je vous remercie.

 

Talla SYLLA

1 réflexion sur “À Agnam, Talla Sylla brise le silence et met l’État face à ses responsabilités

  1. Très belle réflexion ! Talla, toujours fidèle à lui a été un défenseur inlassable des droits humains et des libertés qu’elles soient individuelles ou collectives. Bravo tu es resté fidèle à tes principes.

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