Mes chers compatriotes,
Notre Sénégal traverse aujourd’hui des heures de profonde division. L’espace public est devenu un champ de bataille où s’affrontent des appareils partisans, souvent au détriment de l’intérêt général. La primauté du parti sur la solidarité nationale, couplée à la quête effrénée de majorités mécaniques, gangrène notre démocratie et fracture notre vivre-ensemble.
Face à ce péril, j’ai pris une décision grave et libératrice : celle de m’affranchir définitivement de tout appareil partisan. Je laisse le parti politique Jëf Jël, que j’ai fondé et dirigé, poursuivre son destin souverain.
Je renonce à l’étiquette partisane, mais je porte plus haut que jamais l’idéal qui lui a donné son nom : le Jëf Jël.
Le Jëf Jël n’est pas un slogan électoral. C’est une loi de la création. C’est l’acte et sa rétribution. C’est la conviction intime que l’on ne récolte que ce que l’on sème. C’est le culte du travail dans la justice, la récompense du mérite, et le devoir imprescriptible pour l’État de créer les conditions de l’équité pour tous ses fils.
Cette vision du monde prend sa source dans notre patrimoine spirituel le plus pur. Elle s’inspire de l’enseignement magistral de Mame Cheikh Ibrahima Fall, pour qui le travail n’est pas une aliénation, mais une élévation, une prière en action. Elle consacre la noblesse de l’effort comme seul critère de distinction sociale.
Cette mystique du Jëf Jël traverse toutes les sagesses et rassemble toutes nos croyances :
« En vérité, l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts ; et son effort, en vérité, lui sera présenté. »
(Le Coran, Sourate An-Najm, 53:39-40)
« Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. »
(La Bible, Épître aux Galates, 6:7)
Ce principe divin et universel a été perverti par les pratiques politiciennes actuelles, où l’on récolte trop souvent les fruits de la ruse, de la flagornerie ou du clanisme.
Il est impératif d’apprendre à faire la politique autrement.
Nous ne devons plus limiter nos ambitions à conquérir ou à garder un pouvoir, fût-il le plus important de tous. Notre véritable combat est celui de la réhabilitation de l’homme politique et, par-delà, de la politique elle-même. Il faut aller à la rencontre du citoyen pour le considérer autrement que comme un simple électeur à courtiser. Il faut s’affranchir des contraintes protocolaires et des bannières qui empêchent nos cœurs de se parler.
Je m’adresse aujourd’hui à vous : la majorité silencieuse de ce pays. Vous qui ne vous retrouvez dans aucun camp, vous qui avez soif de justice et de progrès, vous qui exigez le respect et attendez qu’une génération généreuse s’attelle au triomphe de l’intérêt général.
Je m’engage devant vous, sans parti, sans faction, mais armé de mes convictions intactes, à poursuivre ce combat. Libéré des attaches qui nous divisaient hier, je me tiens à votre disposition pour qu’ensemble, nous puissions semer l’hygiène institutionnelle, la vérité et l’effort, afin de récolter le Sénégal de nos espérances.
La totalité du pouvoir doit revenir au Peuple. S’élever, c’est refuser de se combattre, pour enfin se rassembler.
Talla SYLLA
