En effet, l’Organisation des Nations unies (ONU) définit un jeune comme une personne âgée de 15 à 24 ans. Toutefois, en matière de politiques d’emploi, cette tranche d’âge peut être élargie à 16-25 ans, voire à 18-30 ans, en raison de l’allongement de la durée des études et de l’accès plus tardif à un emploi stable.
Au Sénégal, les jeunes de moins de 35 ans représentent environ 75 % de la population totale. En banlieue, cette proportion peut atteindre 75 à 80 % de la population locale.
Le taux national de fréquentation de la formation professionnelle reste limité à 11 % (6,4 % dans le formel et 2,6 % dans l’informel), tandis que près de 33,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans se trouvent en situation de NEET, c’est-à-dire sans emploi, sans études et sans formation.
La jeunesse sénégalaise, très instruite, dynamique et concentrée dans les zones urbaines, fait donc face à des défis majeurs liés à l’emploi, à la formation professionnelle et à l’insertion socio-économique.
Le taux de chômage, estimé à 22,9 %, s’explique notamment par l’inadéquation entre les formations proposées et les besoins du marché du travail, ainsi que par le manque d’expérience professionnelle.
Le Sénégal organise, pour la première fois en Afrique, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), du 31 octobre au 13 novembre 2026. Au-delà des infrastructures et de l’organisation de cet événement historique, une réflexion doit nous animer sur l’apport du sport et de ses métiers dans la formation des jeunes et leur insertion professionnelle.
En effet, le secteur sportif offre de nombreuses opportunités dans l’entraînement, la gestion, la vente, la communication, le marketing et l’organisation d’événements, notamment dans le contexte de l’impact des grands projets sportifs et du développement des formations spécialisées.
Dans le domaine de l’encadrement sportif et technique, le sport offre des débouchés dans les métiers d’entraîneur, de préparateur physique, d’éducateur sportif ou encore de sélectionneur, au sein des clubs, des académies et des sélections nationales.
L’e-sport, le business et le marketing sportif constituent également des créneaux porteurs. Ils permettent de former des experts en marketing sportif, des spécialistes du sponsoring, des gestionnaires de la communication et des partenariats, ainsi que des professionnels de la billetterie et de l’événementiel.
Le commerce et la distribution constituent également des secteurs à fort potentiel, avec des métiers tels que responsable de rayon ou conseiller de vente au sein d’espaces spécialisés implantés dans le pays, à l’image de grandes enseignes internationales.
Ces créneaux, combinés à ceux relevant de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, constituent à coup sûr des leviers importants pour l’insertion des jeunes.
En les investissant davantage, en développant des formations adaptées aux besoins du marché et en valorisant les métiers du sport, notre jeunesse pourra saisir de nouvelles opportunités professionnelles et contribuer pleinement à la transformation économique et sociale du Sénégal.
Le sport ne doit donc plus être perçu uniquement comme une activité de compétition ou de loisir. Il doit également être considéré comme un véritable secteur économique, générateur d’emplois, de compétences et d’opportunités.
À l’heure où le Sénégal s’apprête à accueillir les premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés en Afrique, il est temps de faire des métiers du sport un véritable levier de formation, d’employabilité et d’insertion de notre jeunesse.
Sportivement vôtre.
Moustapha DIENG
Directeur du Cabinet d’Assistance, de Suivi et d’Encadrement (CASE)
