Fondation Nationale Sénégal Solidaire: Une ingénierie institutionnelle au service de la solidarité publique et de la souveraineté sanitaire
La création de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire procède d’une initiative structurée portée par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans le strict respect des principes juridiques et institutionnels qui encadrent les fondations d’utilité publique au Sénégal.
Loin de relever d’une démarche improvisée ou circonstancielle, elle s’inscrit dans une logique d’organisation rigoureuse de la solidarité nationale, pensée comme un prolongement complémentaire de l’action publique et comme une réponse méthodique aux défis sociaux contemporains.
Il importe, à cet égard, de dissiper d’emblée toute confusion entretenue sur la nature réelle de cette institution. Les Premières Dames ne sont ni membres fondatrices, ni parties prenantes à la gouvernance administrative ou opérationnelle de la Fondation. Leur rôle, strictement bénévole, se limite à un accompagnement des actions entreprises, dans une logique d’engagement social et humanitaire, sans aucune implication organique dans les instances décisionnelles. Cette clarification est d’autant plus nécessaire que la confusion des rôles, lorsqu’elle se propage dans le débat public, affaiblit la compréhension même du dispositif et brouille le sens de l’engagement citoyen qu’il incarne.
Sur le plan conceptuel et juridique, une fondation constitue un instrument d’organisation de la solidarité, reposant sur l’affectation irrévocable de biens par ses fondateurs à une mission d’intérêt général. À ce titre, la Fondation Nationale Sénégal Solidaire peut également recevoir des dons et legs, conformément aux dispositions légales en vigueur. Son fonctionnement est encadré par des mécanismes rigoureux de transparence et de redevabilité : elle est soumise à un contrôle interne strict et demeure ouverte à la supervision des organes compétents de l’État. Cette exigence de gouvernance vertueuse garantit la traçabilité des ressources et l’efficacité des interventions, inscrivant ainsi la Fondation dans la tradition des institutions d’utilité publique dont la vocation est de répondre à des besoins sociaux essentiels en complément de l’action étatique.
Une fois ce socle institutionnel posé, il convient de mesurer l’ampleur et la pertinence de l’utilité sociale que la Fondation entend servir. Dans un environnement où l’action publique et citoyenne est fréquemment soumise à la controverse, il importe de distinguer les critiques constructives des attaques infondées. Loin d’être une initiative symbolique ou d’affichage, la Fondation Nationale Sénégal Solidaire se positionne comme un levier opérationnel au service des populations, en particulier les plus vulnérables. Son orientation prioritaire vers la santé publique, notamment à travers la lutte contre le cancer, traduit une compréhension fine des enjeux sanitaires contemporains et un choix stratégique pleinement assumé.
La mise en place d’un centre de dépistage dédié, avec une attention spécifique portée aux cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, constitue à cet égard une réponse concrète à une urgence silencieuse mais persistante. Dans un contexte où le diagnostic tardif demeure l’un des principaux facteurs aggravants de mortalité, cette initiative participe d’une stratégie préventive essentielle. Elle contribue non seulement à sauver des vies, mais également à alléger le fardeau socio-économique considérable lié à la prise en charge tardive des pathologies, tant pour les familles que pour le système de santé dans son ensemble.
Cette ambition sanitaire ne se comprend pleinement qu’en la rapportant à la dimension humaine et éthique qui sous-tend l’engagement du Chef de l’État. L’investissement du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye dans ce projet dépasse en effet le strict cadre institutionnel pour s’ancrer dans une expérience personnelle significative. Ayant été confronté, dans sa sphère familiale, aux réalités douloureuses du combat contre le cancer, il incarne une approche empathique et responsable de l’action publique, où le vécu éclaire la décision sans jamais s’y substituer. Le soutien qu’il apporte à la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA) illustre précisément cette volonté de traduire une expérience humaine en politique d’intérêt général, un engagement qui allie reconnaissance, responsabilité et vision stratégique.
Ce positionnement prend tout son sens au regard de la situation critique qu’a connue la LISCA, menacée de perdre ses locaux et, avec eux, une partie de sa capacité d’accompagnement des malades. Cette fragilité révélait, plus largement, la précarité structurelle qui pèse sur les dispositifs de soutien aux patients atteints de pathologies lourdes. L’intervention de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire a permis d’éviter une rupture aux conséquences potentiellement dramatiques, en sécurisant l’ancrage territorial de la Ligue et en préservant la continuité de ses services. Ce repositionnement marque un véritable point de bascule, d’une précarité structurelle à une consolidation durable. Pour les patientes, et notamment les femmes confrontées aux cancers féminins, cette évolution représente bien plus qu’un simple appui institutionnel : elle incarne une perspective d’accès pérenne aux soins, à l’accompagnement psychosocial et, en définitive, à la dignité.
Au-delà de cette réponse immédiate, la Fondation Nationale Sénégal Solidaire ne saurait être appréhendée comme une initiative ponctuelle ou conjoncturelle. Elle s’inscrit dans une dynamique structurelle, visant à traiter des problématiques sociales majeures de manière durable et systémique. Cette vision s’articule de manière cohérente avec les orientations définies au plus haut niveau de l’État, notamment lors du Conseil des ministres du 04 février consacré à la lutte contre le cancer, qui a posé les fondements d’un programme décennal dans ce domaine. Dans cette architecture globale, l’État impulse la stratégie et fixe le cap, tandis que des structures dédiées assurent une mise en œuvre agile, ciblée et mesurable. La Fondation apparaît ainsi comme un instrument complémentaire des politiques publiques, capable de conjuguer la souplesse de l’initiative d’utilité publique et la rigueur exigée par l’action d’intérêt général.
Face aux critiques dont elle fait l’objet, la Fondation appelle légitimement à un recentrage du débat public sur l’essentiel : la protection de la vie humaine et la promotion du bien-être collectif. Les enjeux sanitaires, en particulier ceux liés au cancer, ne sauraient être instrumentalisés à des fins politiciennes sans porter préjudice à celles et ceux qui, dans leur chair, affrontent la maladie. Il incombe dès lors aux acteurs publics, aux leaders d’opinion comme aux citoyens d’adopter une posture éclairée, fondée sur les faits et orientée vers l’intérêt général. Dans cette perspective, une communication inclusive, accessible et pédagogique, y compris dans les langues nationales, apparaît indispensable pour renforcer l’adhésion collective et consolider la légitimité sociale de l’institution.
En définitive, la Fondation Nationale Sénégal Solidaire incarne une vision renouvelée de l’action sociale : organisée, transparente et résolument tournée vers l’impact. En tant qu’outil institutionnel de solidarité, elle traduit la convergence entre volonté politique, engagement citoyen et exigence de résultats. La défendre, c’est défendre une conception exigeante de la gouvernance publique, où chaque initiative est évaluée à l’aune de son utilité sociale et de sa capacité à transformer concrètement les conditions de vie. C’est, en définitive, faire le choix d’un Sénégal plus solidaire, plus juste, et profondément attaché à la préservation de la vie humaine comme valeur cardinale de l’action collective.
Dr Djibril TOGOLA
Enseignant-Chercheur
Docteur d’État en Sciences de Gestion, FASEG – UCAD
Coalition Diomaye Président
