Candidature de Macky Sall à l’ONU : Un test d’unité pour le Sénégal !
Le plébiscite d’une grande partie de la classe politique sénégalaise en faveur de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies mérite une réflexion stratégique de la part des tenants actuels du pouvoir.
À l’image de l’équipe nationale de football, capable de susciter une communion nationale et de fédérer les énergies au-delà des clivages, Macky Sall semble avoir réussi, sur cette question précise, à provoquer une forme de convergence politique. Certains de ses anciens adversaires ou critiques les plus déterminés tels que Thierno Alassane Sall, Tahirou Sarr, Anta Babacar et Cheikh Omar Diagne se retrouvent aujourd’hui, pour des raisons diverses, dans une posture de soutien ou de bienveillance vis-à-vis de cette candidature.
Ce phénomène est politiquement intéressant. Il révèle que, malgré les fractures du passé, la perspective d’un Sénégalais à la tête de l’ONU peut susciter un réflexe d’unité nationale. Mais il traduit aussi la capacité de Macky Sall à reconstituer un réseau d’influence et à redevenir un point de ralliement dans l’espace politique sénégalais.
Dans ce contexte, le régime actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, se trouve face à un choix stratégique. Soutenir ouvertement cette candidature pourrait apparaître comme un geste de dépassement des clivages, renforçant l’image d’un État qui privilégie l’intérêt national au-dessus des rivalités partisanes. Cela contribuerait également à éviter que la question ne devienne un sujet de polarisation interne.
À l’inverse, une attitude de distance ou de réserve pourrait produire un effet politique inattendu. En cas d’échec de la candidature à l’ONU, Macky Sall pourrait transformer cet épisode en capital politique interne, se posant comme la figure autour de laquelle pourraient se regrouper différentes sensibilités de l’opposition. Une telle dynamique pourrait progressivement préparer le terrain d’un retour politique indirect ou d’une recomposition autour de son héritage à l’horizon 2029.
Ainsi, au-delà de la personne de Macky Sall, l’enjeu renvoie à une question plus large : comment le pouvoir actuel gère-t-il l’héritage politique de l’ancien régime et la place que ses figures majeures peuvent continuer d’occuper dans l’équilibre politique national ?
En définitive, la candidature de Macky Sall à l’ONU n’est pas seulement une ambition diplomatique personnelle. Elle constitue aussi un révélateur des rapports de force et des stratégies de positionnement qui se dessinent déjà dans la perspective des prochaines échéances politiques au Sénégal.
Massene Papa Gueye
PDG du cabinet MI-Consulting
Coordonnateur du M2M
