35ème CAN Maroc 2025: Le Maroc a-t-il réussi son pari ?
Moins d’une semaine après la clôture de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, le
roi Mohamed VI s’est félicité de cette compétition « qui fera date ». Bien sûr qu’elle fera date
puisqu’avec une finale qui s’est déroulée de cette manière il faudra fouiner dans les arcanes de la
CAF pour retrouver trace d’une fin de compétition aussi désastreuse.
Des pays organisateurs de la CAN, il y en a eu plusieurs depuis la création de cette compétition ; mais
des pays hôtes qui se comportent de cette manière dans la dernière journée du tournoi, le Maroc s’est
montré comme étant un des rares à offrir un spectacle aussi désolant à la face du monde. Car en fait, le
Royaume Chérifien depuis l’entame de cette compétition se targuait toujours d’offrir la meilleure CAN de
l’histoire de la CAF ; meilleure que celle qui s’était déroulée en Côte d’Ivoire ? Il va falloir regarder dans
le rétroviseur pour avoir la véracité de cette assertion.
Durant cette 35e édition Maroc 2025, allait bien pendant les phases de groupes avec moins de
complaintes. Mais il a fallu qu’arrivent les phases à élimination directe pour que les difficultés
commencent. Malheureusement c’est le pays organisateur qui en montrera la facette avec le match de
8e de finale contre la Tanzanie (1-0). Arbitrage contesté, pénalty valable refusé aux tanzaniens et qui a
précipité leur élimination. Et ce fut le départ avec les contestations d’équipes adverses toujours contre le
Maroc.
Successivement le Cameroun battu en quart de finale (2-0), le Nigeria en demi-finale (0-0, 4-2 TAB) et
enfin le Sénégal en finale. Mais ce qui a réussi aux « Lions de l’Atlas » jusque-là sera étalé au grand jour
contre le Sénégal. Car la goutte d’eau avait débordé le vase du fait d’un arbitrage taillé sur mesure pour
le Maroc qui n’entendait nullement laisser le trophée continental quitter le Royaume. Si la compétition
avait réussi jusqu’ici avec un Complexe Sportif Moulay Abdellah de Rabat toujours plein pour la bonne
cause marocaine, les autres stades affichaient rarement ce contenu ; ce qui avait d’ailleurs conduit la
CAF et le Comité local d’organisation à autoriser l’entrée libre aux spectateurs après une vingtaine de
minutes de jeu.
De là à dire que cette CAN a réussi, il y a un pas que certains n’ont pas osé franchir. Le Roi aura beau
remercié son peuple pour sa mobilisation, il devra cependant se rendre à l’évidence que son équipe
n’était pas au point pour remporter cette coupe. Les « Lions de l’Atlas » avaient d’ailleurs montré ce
visage dés les matches de groupe en se qualifiant difficilement pour le second tour ; victoire contre les
Comores (2-0) ensuite nul face au Mali (1-1) et succès devant la Zambie (3-0).
La côte d’alerte était atteinte pour la phase à élimination directe, d’autant plus que les supporters
n’étaient pas du tout contents de la prestation de leur équipe. Alors il fallait tourner les regards sur
l’arbitrage car les équipes qui arrivaient pour ce second tour n’étaient pas des manchots, mais plutôt de
très gros calibres qui, plus est, sont d’anciens champions d’Afrique. On connait la suite, le Maroc sera
bien aidé par l’arbitrage pour s’en sortir à chaque occasion grâce…aux arbitres. Ce que les marocains
ne veulent pas entendre dire, mais ça tape à l’œil nu.
Car aussi bien la Tanzanie, le Cameroun que le Nigeria se sont vertement plaints de la manière dont
leurs matches ont été dirigés contre le Maroc. Des complaintes qui ont d’ailleurs valu à Samuel Eto’o une
suspension et une forte amende pour avertir d’éventuels cas de figures qu’on ne rouspète pas quand on
joue contre le Maroc. Et le bizarre dans cette affaire, seuls les matches où est impliqué le Maroc ont été
sujets à contestations.
Malgré cela, les marocains se glorifient d’organiser «une bonne CAN avec un résultat remarquable fruit
notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau », dixit le Roi dans
son message. A son avis, « cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses
excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le Royaume a réalisé sur
la voie du développement et du progrès», a-t-il ajouté.
En lançant ce message, il oublie que le monde entier a vu ce qui s’est passé durant la compétition. Est-
ce que le Royaume Chérifien peut véritablement tirer un bilan positif de cette CAN ? Non ! A commencer
par le Prince héritier Moulay Hassan qui représentait le Roi à la finale et qui a commis le «crime» de ne
pas remettre le trophée au capitaine du Sénégal, Kalidou Koulibaly. Le fair-play et l’anti-sportivité en ont
pris un sacré coup devant les yeux des présidents de la FIFA et de la CAF qui se sont résolus à le faire à
sa place. Un tel comportement ne milite pas à la confiance pour les échéances futures.
De mauvais perdants, les marocains l’ont été durant cette finale car dans leur entendement, cette coupe
leur était destinée. Rien d’autre. Si des milliers, sinon des millions de personnes ont afflué vers ce
Royaume, ce n’était certainement pas pour se faire offrir un tel spectacle indigne d’une nation qui se dit
sportive. Et à coup sûr les événements du 18 janvier 2026 vont impacter sur le vœu, le souhait, du
Maroc à vouloir abriter la finale de la coupe du monde 2030. Cette CAN 2025 était comme une répétition
avant le Mondial 2030, mais il va falloir revoir beaucoup de choses qui ont cloché durant la compétition.
Cheikh Fantamady Keita
