La rencontre entre le ministre des sports et les fédérations sportives nationales était très attendue du côté des fédéraux sevrées de ce contact depuis quelques années. C’est maintenant chose faite après que la nouvelle ministre des sports, Mme Djirèye Clotilde Coly, ait accordé cet échange avec les fédérations.
Une première depuis deux ans, après le départ de Mme Khady Diéne Gaye du département des sports. Deux ans durant lesquels les fédérations ne savaient comment trouver un cadre de dialogue pour exposer leurs doléances. C’est pourquoi les fédéraux se sont réjouis à l’unanimité de ce premier pas de la nouvelle ministre.
Premier à prendre la parole, Mamadou Bâ, président de la fédération sénégalaise de tir et chasses qui parlait au nom de ses pairs pour insister sur la pérennisation d’une telle rencontre qui permet de lever des équivoques et des incompréhensions. « Nous souhaitons que ces rencontres ne soient pas un acte isolé, mais qu’elles soient renouvelées régulièrement avec les présidents de fédérations », a-t-il plaidé.
Une manière claire de tourner la page d’une période de deux ans, marquée par l’absence de contact direct entre la tutelle et les instances fédérales. Une rencontre porteuse d’espoir pour le représentant du CNOSS, Issa Mboup, qui a magnifié la démarche de la nouvelle ministre. « Vous venez d’ouvrir une bonne voie qui est porteuse d’un message fort, celui d’une gouvernance fondée sur l’écoute, la concertation et la co-construction », s’est-il réjoui.
A son avis, le sport sénégalais ne peut progresser que si l’Etat, le Mouvement olympique, les fédérations, les ligues, les clubs, les athlètes et tous les partenaires avancent dans une même direction, avec une vision partagée. « En tout cas le CNOSS est toujours disponible à vous accompagner. Nous avons le soutien du CIO, de l’ACNOA et de la Solidarité Olympique. Dans ce cadre nous disposons donc d’une expertise avérée en matière de formation, de gouvernance, de marketing sportif et de préparation olympique. Le CNOSS ne se considère pas comme une institution agissant à côté de l’État. Il se considère comme un partenaire stratégique de la politique sportive nationale », a souligné M. Mboup.
C’est pourquoi il a proposé d’instituer un cadre permanent de concertation entre le département des sports, le CNOSS et les fédérations, d’une part, d’élaborer une feuille de route commune à l’horizon de l’après-JOJ 2026 d’autre part et enfin de construire un programme national de renforcement des capacités des fédérations afin que celles-ci puissent tirer pleinement profit de l’héritage des JOJ.
« Nous sommes convaincus que ces initiatives donneraient une traduction concrète à la volonté de partenariat que vous avez exprimée depuis votre arrivée à la tête de ce département », a indiqué Issa Mboup. Pour le représentant du CNOSS, lorsque l’État et le Mouvement olympique parlent d’une même voix, lorsqu’ils partagent les mêmes ambitions et lorsqu’ils conjuguent leurs efforts dans le respect des responsabilités de chacun, les conditions sont réunies pour réussir les grands défis qui attendent notre pays.
Une rencontre enrichissante de prime abord qui met fin aux incompréhensions pour laisser place à un nouveau départ qui devrait transformer cette volonté d’écoute en actes concrets pour un meilleur devenir du sport sénégalais. C’est tout le sens qu’il faut donner à cette rencontre : poser un diagnostic global partagé, sans complaisance, mais avec optimisme et pragmatisme afin de baliser la feuille de route commune.
Un engagement partagé par Mme Clotilde Djirèye Coly qui a mis l’accent sur le profond sentiment d’engagement républicain qui sied en pareille circonstance. « Votre présence massive et qualitative à cette rencontre témoigne éloquemment de votre attachement indéfectible au devenir de notre mouvement sportif national et de votre sens élevé des responsabilités. Vous êtes les chevilles ouvrières de nos succès et les architectes silencieux des émotions inoubliables que procurent nos athlètes sur les scènes nationales, africaines et mondiales », a dit la ministre des sports.
A son avis, cette rencontre se tient dans un contexte national singulier et hautement stratégique marqué par la préparation des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. « Notre pays, sous la haute impulsion des autorités étatiques, est résolument engagé dans son Agenda national de transformation, baptisé « Sénégal 2050 ». Cet horizon prospectif ambitieux redéfinit les paradigmes de notre développement en érigeant le sport non plus seulement comme un simple divertissement ou un vecteur d’animation sociale, mais comme un véritable levier de croissance économique, de création d’emplois et de renforcement de la cohésion nationale », a dit Mme Coly.
Invite à tenir les AG à date échue
Pour Mme Djirèye Clotilde Coly, faire du sport un véritable levier de développement économique et social n’est plus une option, c’est une impérieuse nécessité dictée par les aspirations de notre peuple et les exigences du monde moderne. « Pourtant, pour transformer cette vision en réalité tangible, nous devons faire face à un impératif catégorique : l’assainissement et la modernisation de notre cadre institutionnel et organisationnel ».
A ce sujet, elle a mis l’accent sur la restructuration profonde du mouvement sportif sénégalais qui, à son avis, n’est pas un choix arbitraire. « Elle est rendue impérative par l’adoption de la loi portant Code du Sport. Ce texte fondamental modernise l’architecture de notre gouvernance sportive, clarifie les rôles et consacre de nouveaux droits et devoirs pour l’ensemble des parties prenantes. C’est pourquoi je saisis cette occasion pour inviter l’ensemble des fédérations en fin de mandat à prendre toutes les dispositions utiles pour la tenue, dans les meilleurs délais, de leurs assemblées générales électives. Toutes les autres fédérations et groupements sportifs doivent également tenir leur Assemblée générale d’information », a-t-elle recommandé aux participants à la rencontre.
Par ailleurs afin d’optimiser la préparation et la participation de nos athlètes aux compétitions nationales et internationales, la ministre des sports a informé que son département a introduit résolument le paradigme des conventions d’objectifs, auxquelles seront assignés des indicateurs mesurables de résultats. « Désormais, chaque fédération sportive liée à l’État le sera par un contrat de performance clair, adossé à des objectifs précis de développement de la discipline, de formation à la base, de promotion du sport féminin et de rayonnement international. Nos champions ne doivent plus être le fruit du hasard ou de la seule volonté héroïque de leurs familles, mais le produit d’une politique publique structurée, soutenue par des mécanismes de financement pérennes et diversifiés » a conclu la ministre des sports.
Cheikh Fantamady Keita