Pape Malick Ndour en liberté provisoire: La Ccr appelle le parquet à la sérénité
L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a recouvré la liberté provisoire ce mercredi 24 juin 2026. La Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier (PJF) a fait droit à la demande déposée par sa défense, mettant fin à plus d’un mois de détention à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss. La mesure reste assortie du port du bracelet électronique.
Selon son avocat, Me Baboucar Cissé, la juridiction a jugé « plus que sérieuses » les contestations soulevées par la défense de l’ancien coordonnateur du Prodac. L’intéressé devra donc porter un bracelet électronique, dispositif qui lui avait déjà été imposé lors d’un premier épisode judiciaire avant d’être levé au moment de son incarcération.
Un feuilleton judiciaire à rebondissements
Pape Malick Ndour avait été inculpé en novembre 2025 pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux dans le cadre du dossier Prodac. Les faits portent sur des irrégularités financières évaluées à 2,7 milliards de francs CFA, notamment la validation de transactions suspectes et un décaissement de plus de 2,7 milliards de FCFA au bénéfice de la société israélienne Green 2000 sur la foi de factures pro forma. Le dossier met également en cause Khadim Bâ, dirigeant de Locafrique.
Le juge d’instruction du PJF lui avait alors accordé une liberté provisoire sous bracelet électronique, contre l’avis du parquet financier qui réclamait un mandat de dépôt. Le procureur avait fait appel et la Chambre d’accusation avait infirmé cette ordonnance en janvier 2026, plaçant l’ancien ministre sous mandat de dépôt. Saisie d’un pourvoi en cassation, la Cour suprême avait confirmé cette mesure le 28 avril dernier. Pape Malick Ndour avait été interpellé le 15 mai à son domicile par la DIC. Il a constamment réfuté ces accusations, dénonçant un « acharnement ».
La CCR salue la décision et interpelle le parquet
Selon un communiqué relayé par Pressafrik, la Convergence des cadres républicains (CCR), mouvement coordonné par Pape Malick Ndour, a dit avoir « accueilli avec soulagement » cette décision et « salue une avancée ».
La CCR demande au parquet « de faire preuve de sérénité et de responsabilité » et l’invite à « privilégier une approche conforme aux exigences de justice et d’équité », ainsi qu’à éviter « toute démarche susceptible d’être perçue comme un acharnement ».
Le procureur du Pôle judiciaire financier dispose désormais d’un délai de six jours pour exercer un éventuel recours contre cette décision de remise en liberté provisoire.
Ch. Seck NDONG
